L’inaccessibilité au service Internet de Mauritius Telecom, surtout dans des points stratégiques du pays, dont la capitale, a affecté de nombreux opérateurs des secteurs de l’ICT/BPO et du Global Business en début de semaine. Ceux-ci sont en effet les principaux affectés par cette déconnexion impromptue du Web, principalement pour ceux qui sont toujours en mode Work from Home.

Dans ces milieux, on affirme avoir accusé des retards conséquents, notamment au niveau de leurs opérations consistant en de multiples transactions financières ou encore de services clients. Si on accepte que ce genre de perturbation, en l’occurrence des attaques virtuelles, comme dans le cas présent, puisse parfois être imprévisible, on déplore en revanche le manque de communication éclairée de la part de l’opérateur vis-à-vis de ses abonnés ou encore les nombreux utilisateurs.

D’ailleurs, l’absence du Chief Executive Officer, Sherry Singh, alors qu’il ne rate d’ordinaire pas une occasion pour s’adonner aux étalages commerciaux, est diversement commentée ces jours-ci.

La panne d’Internet subite de lundi dernier et des séquelles mardi sur le réseau de Mauritius Telecom a ouvert un volet important sur un manquement de taille quant aux capacités de l’opérateur national d’assurer une permanence de son service dans n’importe quel cas de figure.

Les premiers à se sentir menacés par ce qui s’est passé en début de semaine, avec presque six heures de déconnexion, sont les opérateurs du secteur de l’ICT/BPO et ceux de l’Offshore. Ils ont été pris de court par ce problème technique, noté dès la fin de la matinée lundi, soit presque au même moment oùl’Europe reprenait le chemin des activités en guise de relais à la fin de la journée en Asie.

« Personne ne comprenait ce qui se passait. Tout d’un coup, on n’avait plus de Mobile Data », laisse entendre un employé du secteur BPO qui est en mode Work from Home. Ce dernier explique qu’il travaille avec des clients étrangers et qu’il avait subitement perdu le moyen de communiquer.

Un autre employé du secteur abonde dans le même sens, laissant entendre que le service client qu’il assure était perturbé et Put on Hold plusieurs de ses interactions commerciales prévues. On concède que ce problème de connexion à l’Internet « fer konpani perdi kass », étant donné que les transactions qui devaient avoir lieu ont dû être annulées.

On se plaint d’ailleurs de la manière dont MT a communiqué sur le problème auquel il faisait face. « Ou tir enn kominike pou dir ki problem-la momantane ? E ou ! Momantane dir 6 zer tan ? » lancent des opérateurs agacés que la compagnie de téléphonie mobile n’ait pas joué carte sur table pour expliquer ce qui se passait, laissant les utilisateurs, et surtout les professionnels, dans l’ignorance totale. « Au moins, ceux concernés par ce problème d’Internet auraient pu envisager d’autres moyens pour sortir de cette situation compliquée », poursuivent-ils.

On ajoute que certains opérateurs n’ont pu basculer vers un autre prestataire d’Internet, ne sachant pas quel type de perturbation MT évoquait dans le communiqué émis. La plupart de ceux utilisant le Virtual Private Network de MT laissent ainsi entendre qu’ils ont vu leurs opérations « involontairement stoppées », accusant du coup du retard sur des projets, dont certains ont vu leurs “deadlines” être repoussés dans la conjoncture de cette inaccessibilité au Web.

Outre le manque de communication appropriée, les opérateurs du secteur d’ICT-BPO se posent aussi des questions sur les mesures de sécurité prises par la compagnie dirigée Sherry Singh pour protéger ses serveurs. « Eski pena enn protokol kler pou sa kalite problem-la ? » se demandent-ils. « On n’est pas à l’abri de ce type de cyberattaques. D’autant plus que le lendemain (mardi), on a eu cette même rupture de connexion de données mobiles. D’où la question : quel est le plan B de MT ? Surtout qu’on sait que ces attaques pourraient se répéter à l’avenir… » s’interrogent plusieurs opérateurs.

Parallèlement, le Global Business Sector a aussi été impacté par cette perturbation du réseau Internet. Certains employés de ce secteur, dont ceux travaillant de la maison, expliquent que des échanges d’affaires ont dû être annulés et des prises de décision repoussées. « Déjà qu’on tente de se relever de la pandémie, alors ce n’est pas le moment de passer par des actes de piratage pouvant perturber la connexion, voire la communication », estime un cadre d’une Management Company devant veiller à des transactions.

Cette perturbation a également pris de court le réseau de connectivité reliant plusieurs compagnies commerciales. Certains n’ont de fait pu se rabattre sur d’autres sources de connexion et prendre leur mal en patience, ne pouvant en effet conclure des transactions à travers leurs systèmes en ligne.

Des utilisateurs affectés, certains n’ayant ni le service MyT ni Mobile Data laissent aussi entendre que le service clientèle de MT n’a, semble-t-il, pu gérer le nombre de sollicitations du public, pas plus que de pouvoir fournir d’explications, demandant simplement aux clients de « patienter » et que des techniciens s’en occupaient.

Dans les milieux avisés du secteur informatique, on commente aussi l’absence du CEO de la compagnie, Sherry Singh, qui a pourtant, rappelle-t-on, l’habitude de venir gonfler les réalisations commerciales de MT. « Ou est Sherry Singh ? Pourquoi envoyer un Chief Technical Officer de l’avant quand les utilisateurs sont agacés que l’Internet de MT peut être mis hors circuit pendant plus de six heures ? » demande-t-on.

Cette secousse chez MT interviendrait d’ailleurs à un moment où les spéculations vont bon train à l’effet que le management de la compagnie pourrait bientôt connaître des changements. Depuis quelque temps, on laisse en effet entendre qu’il se pourrait que Lakwizinn du PMO décide très prochainement de redistribuer certaines positions stratégiques, dont possiblement un saut pour le Top Chef. Certains y voient d’ailleurs des théories du complot dignes des histoires du « Prince ».