• Le départ des responsables du prêt de Rs 1,6 milliard à NMC Healthcare du multimilliardaire indien en faillite et la reconstitution du Board de la SBM préconisés
  • Un délai de trois mois également accordé à la SBM pour mettre en œuvre des changements préconisés depuis l’affaire Pabari en 2018

Les Top Guns de la State Bank of Mauritius (SBM) ainsi que les directeurs du conseil d’administration sont sous la pression de la Banque de Maurice en ce début de semaine. Des instructions formelles ont été soumises par la régulatrice du secteur bancaire, préconisant le départ de ceux liés au prêt de Rs 1,6 milliard consenti au groupe de l’homme d’affaires indien Bavaghuthu Raghuram Shetty (B.R Shetty), NMC Healthcare, fin 2019, et déclaré en faillite depuis le début de cette année. Des recoupements d’informations du Mauricien indiquent que la Banque centrale a informé en fin de semaine dernière, le président des conseils d’administration de la SBM Holdings et de la SBM Bank des sanctions qu’elle préconise à l’issue des retombées de la Special Investigation/Examination instituée pour établir les responsabilités dans cette affaire. Dans les milieux informés on affirme que des têtes devront tomber que ce soit au niveau du Top Management de la banque mais qu’une reconstitution du conseil d’administration est en vue.

Selon les informations recueillies auprès de sources concordantes, la pression était palpable à la SBM Tower vendredi dernier, soit après avoir accusé formellement réception des instructions émanant de la Bank of Mauritius (BOM) de « met deor » ceux responsables du prêt de Rs 1,6 milliard (USD 40 millions) accordées au groupe de B.R Shetty, NMC Healthcare. Dans les milieux avisés de la Place d’Armes, on laisse entendre que les directives de la Banque centrale ciblent trois départements de la SBM Bank, notamment la Credit Team, la Credit Underwriting Team et aussi l’Internal Audit Department. On affirme que la BoM exige le départ des responsables du dossier NMC Healthcare auprès de Sattar Hajee Abdoula et de Mohit Doorundhur, les Chairpersons de la SBM Holdings et de la SBM Bank respectivement. Le rapport du Special Investigator a mis en relief plusieurs lacunes dans la gestion de ce dossier géré sous le mandat des précédents présidents, notamment Kee Chong Li Kwong Wing (SBM Holdings) et Nayen Koomar Ballah (SBM Bank). On avance que des « major deficiencies » ont été notées dans le cadre de cette enquête entourant ce prêt résultant en placement à fonds perdus de la SBM avec la dissolution de NMC Healthcare.

En effet, six banques locales au total, comprenant la SBM, se sont partagées des Risky Exposures de Rs 5 milliards mettant en exergue un sérieux problème de « safety and soundness » du système financier. On se demande d’ailleurs comment les trois départements concernés par ce prêt sans-garantie de Rs 1,6 milliard ont failli dans l’exercice de Due Diligence avec notamment les Red Flags apparents au sujet de NMC Healthcare. À la SBM Tower on laissait toutefois entendre ce matin que les sanctions préconisées par la Banque de Maurice relèvent d’une politique de « maladi tipoul tikanar ki pe peye ».

La BoM, aurait aussi, selon les informations qui ont transpiré jusqu’ici, pointé du doigt le rôle du conseil d’administration et de ses directeurs pour les défaillances notées au niveau de son « oversight of the affairs of the bank (SBM), particulary in the credit granting process of cross border facilities ». La Banque centrale aurait exigé le remplacement des membres du Board de la SBM ayant un « poor track record » au niveau de la finance, International Banking ou encore Cross-Border Lending.

Dans l’immédiat, les regards sont braqués sur les directeurs qui étaient en poste l’année dernière sur le Board nommément Balachandran CP, Karrim Namdarkhan, Rishikesh Hurdoyal, Philip Ah-Chuen ou encore Parvataneni Rao (PV Rao), l’actuel Chief Executive de la banque d’État. À ce matin, la SBM ne donnait aucune indication quant à ses intentions ou encore le Timing de la mise en oeuvre des instructions de la BoM mais on concédait, selon le peu d’informations filtrant sur ces manœuvres qu’il va falloir commencer par identifier les remplaçants.

Par ailleurs, la SBM a aussi, selon les informations parvenues au Mauricien, été égratignée par la Banque de Maurice pour n’avoir rien fait depuis 2018, soit après l’épisode de la créance douteuse de plus de Rs 4,8 milliards accordées au groupe kenyan Pabari Investments dont 50% bénéficient d’une garantie hypothécaire. On laisse entendre que la Banque d’État a été acculée pour n’avoir rien entrepris à ce jour dans la mise en place des mesures exigées par le Remedial Report de la firme Ernst & Young depuis que les failles au niveau de l’exercice de « Due Diligence » avaient été identifiées. La BoM reprocherait à la SBM de n’avoir pu jusqu’ici effectuer les Fine Tunings recommandés au niveau du comité de crédit dans l’évaluation des éléments de risque. La SBM Tower a été accordée un délai de trois mois pour se conformer aux changements préconisés. Pour l’heure, les Finances ne pipent mot sur cette situation tendue à la SBM.

Affaire à suivre par rapport aux décisions de la Banque de Maurice à l’encontre des autres banques et institutions financières impliquées dans ce Risky Exposure majeur…