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Les difficultés majeures, auxquelles sont confrontés les hôtels, ont forcé plusieurs groupes à frapper à la porte de la Mauritius Investment Corporation (MIC) pour renflouer leurs caisses en l’absence de revenus depuis plus de neuf mois. C’est le cas du groupe New Mauritius Hotels (NMH), dirigé par Gilbert Espitalier-Nöel. Le 29 décembre, le groupe a signé un Binding Term Sheet pour l’émission d’obligations remboursables et convertibles au MIC pour un montant total de souscription de Rs 2,5 milliards, garanti par une charge flottante sur les actifs de la société.

Selon le Binding Sheet, NMH conserve la possibilité de racheter une partie ou la totalité des obligations à tout moment avant leur échéance, qui aura lieu au neuvième anniversaire de la première souscription des obligations. Dans le cas où ces dernières ne sont pas remboursées à l’échéance ou avant, celles en circulation seraient converties en obligations ordinaires de NMH, à une “pre-agreed fixed evaluation” de Rs 7,4529 l’unité, calculée comme prix moyen pondéré en fonction du volume des actions ordinaires de la compagnie à la Bourse de Maurice sur la période du 1er janvier 2020 au 30 juin 2020.

L’argent obtenu par NMH sera principalement utilisé pour les besoins en fonds de roulement du groupe à Maurice et du paiement des intérêts sur les emprunts. NMH estime que l’injection de Rs 2,5 milliards, couplée à d’autres initiatives stratégiques, permettra de « stabiliser » la situation financière, en attendant un retour progressif à la rentabilité après la réouverture complète des frontières et un volume soutenu d’arrivées de touristes sur Maurice. Le groupe s’engagera maintenant avec le MIC pour négocier les accords de transaction en lien avec les obligations. Les termes et conditions détaillés des obligations seront inclus dans un document qui sera soumis aux actionnaires et une Shareholders’ Meeting sera convoquée en temps voulu.

Pour justifier son recours à la MIC, NMH explique que la pandémie a entraîné une suspension temporaire sans précédent du secteur touristique, avec une forte baisse des revenus touristiques. Si le groupe accueille favorablement le vaccin, il estime qu’une grande incertitude demeure quant au moment de la réouverture complète de nos frontières ainsi que le volume des arrivées de touristes qui en résultera. « Au cours des neuf derniers mois, nous avons mis en place plusieurs mesures pour soutenir l’entreprise et contribuer à la réponse sanitaire nationale. Nous avons fourni une assistance via des installations de quarantaine et avons fait évoluer les protocoles sanitaires dans nos établissements pour assurer la sécurité de nos clients et employés », explique la direction du groupe.

Elle poursuit : « Pour minimiser les sorties de fonds et préserver les emplois de nos employés, nous avons opté pour une réduction de coûts et de salaire et avons également reçu le soutien du gouvernement sous la forme de Wage Assistance Scheme. Néanmoins, les investissements importants dans nos hôtels et nos obligations financières envers nos prêteurs et fournisseurs continuent d’avoir une incidence sur nos liquidités à court terme. »