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Les agences de voyage ont commencé à s’activer depuis quelques semaines, avec la première phase de la réouverture des frontières à partir d’aujourd’hui. Toutefois, peu de touristes sont intéressés à venir à Maurice pour passer les 14 jours à l’hôtel. Pour l’heure, ce sont surtout les Mauriciens et les expatriés qui veulent rentrer au pays. C’est le constat de Charles Ng, d’Atom Travel et de Jimmy Tan Yan, de Cathay Tours.

L’aéroport SSR reprend ses opérations commerciales à compter de ce matin avec la première phase de réouverture des frontières. Comme on le sait, jusqu’au 30 septembre, les touristes devront séjourner durant 14 jours au maximum, à l’un des hôtels désignés. Ce n’est qu’à partir du 15e jour qu’ils pourront visiter l’île. Toutefois, selon un premier constat, ce modèle est loin de séduire les étrangers. Selon Charles Ng, il n’y a pas eu beaucoup de réservations pour cette période. « La plupart des gens demandent des informations pour la période à partir du 1er octobre. Ils veulent savoir ce qui sera permis ou pas à partir de cette date. Je crois qu’il faudra attendre pour avoir une bonne visibilité sur les arrivées touristiques.»

Le directeur d’Atom Travel confie toutefois qu’il y a pas mal de réservations de la part de Mauriciens à l’étranger ou d’expatriés, qui souhaitent rentrer au pays. « Nous avons des réservations principalement d’Europe. Il y a des Mauriciens qui veulent venir visiter la famille ici. » Pour l’heure, ajoute encore Charles Ng, l’agence se contente de faire les réservations pour les hôtels désignés. « Le protocole sanitaire est toujours en place, donc, c’est le ministère de la Santé qui s’est arrangé avec les opérateurs de ce secteur pour le transfert des clients. »

Chez Cathay Tours, Jimmy Tan Yan dresse un constat similaire. Cette première phase de réouverture, précise-t-il, permet de reprendre graduellement les activités. « Nous avons commencé à avoir des réservations dès que le gouvernement a annoncé la réouverture des frontières. Toutefois, dans un premier temps, il s’agit surtout de Mauriciens qui étaient bloqués à l’étranger. Nous avons aussi des départs, avec les étudiants qui vont à l’université en août-septembre. »

Pour ce qui est des touristes, le directeur de Cathay Tours est plus optimiste pour la deuxième phase du déconfinement.  « Nous avons des réservations à partir de la mi-octobre. Nous avons même une grande réservation de groupe pour novembre, ainsi que pour décembre. C’est déjà une petite lueur. D’ici l’année prochaine, je pense que le secteur pourra vraiment redémarrer. »

Jimmy Tan Yan explique le manque d’intérêt pour la première phase du fait qu’actuellement, c’est l’été en Europe et qu’il y a déjà de nombreuses activités autorisées là-bas. « Les gens ne vont pas venir ici pour rester à l’hôtel alors qu’ils peuvent profiter des activités là-bas. Ensuite, ils avaient peut-être déjà planifié leurs vacances à l’avance. » Il demeure tout de même confiant pour l’après-1er octobre.

Au niveau des chauffeurs de taxi, il faudra également attendre la deuxième phase de l’ouverture des frontières pour commencer à travailler. C’est ce que confirme Yashpal Murrakhun, de la Federation of Hotel Taxis Association (FHTA). Pour le moment, dit-il, ses membres ne sont pas concernés par la réouverture des frontières. « On est en train de se préparer pour octobre plutôt. Dans un premier temps, on s’assure que les chauffeurs soient vaccinés, car c’est l’une des conditions pour les opérateurs du secteur. Entre temps, nous avons pu profiter de formations offertes par l’Union européenne. Celles-ci étaient axées sur le grooming, le tourisme durable et l’histoire de Maurice.»

Grâce à ce soutien de l’Union européenne, les chauffeurs de taxi d’hôtel pourront avoir une visibilité à l’étranger, à travers l’application Mo taxi. « C’est prouvé que de nos jours, 30 à 40% de personnes voyagent sans passer par les agences. Ils prévoient donc déjà tout avant leur arrivée. Jusqu’ici, les chauffeurs de taxi étaient les seuls à ne pas offrir un service en ligne. C’est chose faite dorénavant. Nous espérons que notre activité pourra redémarrer avec le soutien de l’Union européenne. »

En attendant, les chauffeurs de taxis d’hôtel continuent à toucher une allocation de Rs 5 100 chaque mois. Yashpal Murrakhun indique qu’il faudra par la suite discuter pour voir quels sont les hôtels qui seront autorisés à opérer et quels sont ceux qui continueront à être utilisés pour la quarantaine. Il est important de s’organiser afin que les chauffeurs de taxi qui y sont basés ne soient pas pénalisés.