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Plusieurs classes dans de multiples collèges en auto-isolement pour 14 jours avec des cas positifs détectés

Les retombées escomptées avec l’extension de ce trimestre de deux semaines pour combler les 30 jours perdus s’estompent

Alors que l’arrivée du vaccin Pfizer fait renaître l’espoir de pouvoir reprendre l’école plus ou moins normalement, les chefs d’établissements ne savent plus comment faire pour rattraper le retard qui se corse quant au programme scolaire. La mise en place d’un nouveau protocole cette semaine est venue compliquer davantage la situation, car les étudiants en contact avec un cas positif sont contraints de rester à la maison. La cacophonie est telle qu’il se pourrait que ce protocole sanitaire soit annulé d’ici peu.

Le deuxième trimestre a démarré le 13 dernier avec, pour objectif, de rattraper le retard du premier trimestre, occasionné par des jours de classe alternés. Pour cela, le calendrier scolaire a été modifié, avec une extension de deux semaines tant au deuxième qu’au troisième trimestre. Il y avait, au moment de cette prise de décision, un retard de 25 à 30 jours à combler sur le programme scolaire. Contrairement aux plus jeunes, soit ceux qui passeront le Primary School Achievement Certificate (PSAC) et le National Certificate of Education (NCE), le problème reste entier pour les plus grands, principalement ceux devant prendre part aux examens du School Certificate et du Higher School Certificate en 2022 et 2023.

Avec le nombre de cas positifs au Covid-19 en hausse dans le pays, le ministère de l’Éducation a décidé de maintenir le Staggered Time Table, soit des jours de classe alternés pour les différents groupes d’étudiants. Ce qui, selon les responsables d’établissement, n’a fait qu’accentuer le retard. « Il n’y a pas de rattrapage possible tant qu’on sera en Staggered Mode. Il faudra vraiment attendre la reprise normale pour savoir où l’on se situe », affirme un recteur de collège d’État.

Pour compliquer les choses, les autorités ont décidé cette semaine, d’introduire un nouveau protocole sanitaire. Ainsi, alors qu’au début du trimestre, il était question de fermer une classe ayant un étudiant testé positif pendant un jour seulement, le nouveau protocole est venu indiquer qu’il faudra dorénavant garder toute la classe en auto-isolement pendant 14 jours. Cette situation donne du fil à retordre aux chefs d’établissement. Du coup, dans plusieurs collèges, de multiples classes sont actuellement fermées.

Même si l’on assure que les cours doivent se poursuivre en ligne, tel n’est pas toujours le cas. Dans certains établissements, on se contente d’envoyer aux élèves des devoirs. Ce qui est d’autant plus compliqué, c’est quand les étudiants ne sont pas nécessairement de la même classe. Une maman témoigne : « j’ai reçu un message du collège de mon fils dans le courant de la semaine indiquant qu’il doit rester en isolement, car un étudiant dans sa classe de Design a été testé positif au Covid-19. Or, cet enfant n’est pas dans la classe principale de mon fils. Du coup, il est le seul de sa classe à être en auto-isolement. Ce qui fait que les cours continuent pour les autres et il n’y a pas eu de cours en ligne pour mon fils. Je ne sais pas comment il va faire pour rattraper tout ça. »

La vice-rectrice d’un collège confessionnel indique qu’il est compliqué de gérer ce genre de situation. « Le problème, c’est que nous avons plusieurs classes en auto-isolement à la fois. C’est difficile pour les profs de faire les classes en ligne et en présentiel en même temps. Ce qu’on fait, c’est qu’on demande aux étudiants de partager les notes avec leurs camarades », fait-elle comprendre. Un autre recteur de collège d’État confie que la situation est vécue à différents degrés dans les collèges. « Nous avons vu cette semaine que plusieurs classes ont dû fermer dans les Star Schools après les célébrations des lauréats. Chez nous, nous n’en sommes pas là. Mais je peux vous dire que c’est très compliqué déjà », dit-il.

Selon lui, avec les jours alternés, le contact des étudiants avec l’école est limité à 40%. Pour rattraper le retard accumulé, il faudra compter sur la bonne volonté des enseignants, affirme-t-il. « Je peux dire que si le système tient encore debout, ce n’est pas grâce à la ministre, mais grâce au travail abattu par les enseignants. Tout dépendra de leur volonté à mettre en place des “blended mode of teaching”, à donner quelques cours ou quelques notes en plus, pour qu’on puisse réellement sortir de cette situation », poursuit-il.

Dans tous les cas, laisse-t-il entendre, il faudra attendre la reprise à plein-temps, le 18 octobre prochain, pour faire une évaluation de la situation. Dans ce contexte, on laisse déjà entendre qu’il sera sans doute compliqué de maintenir les Mock Exams du SC et du HSC à la fin du trimestre, en décembre. Il est fort probable que cet exercice se déroulera en janvier ou en février, le temps de permettre aux étudiants de couvrir un certain pourcentage du syllabus. « Le cursus permet une certaine élasticité pour s’adapter à la situation, mais trop d’élasticité risque de tout compromettre », ajoute le recteur.

Compte tenu de cette cacophonie, il se pourrait que les autorités fassent machine arrière sur le nouveau protocole sanitaire. D’ailleurs, une semaine après, certains collèges n’ont toujours pas reçu la circulaire officielle à ce sujet et aient décidé de ne pas l’appliquer… Les espoirs sont désormais fondés sur la vaccination des étudiants, qui débute la semaine prochaine, afin de pouvoir reprendre les cours dans la sérénité.