Effet domino. Covid oblige, les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, surtout pour les étudiants. Avec les résultats de HSC prévus cette année le 17 septembre, période à laquelle les universités du pays accueillaient habituellement leurs premières cohortes d’étudiants, ces dernières ont dû s’adapter pour cette « rentrée spéciale ».

Pour la première université publique du pays, l’université de Maurice (UoM), l’année académique 2021-22 débutera début novembre, idem pour l’Université de Technologie de Maurice (UTM), qui pense accueillir ses nouveaux étudiants le 18 octobre. L’Université des Mascareignes, elle aussi pense repousser la rentrée pour mi-octobre, histoire de permettre aux étudiants mauriciens de s’inscrire. « Cette année, nous avons remarqué qu’ils étaient moins nombreux à s’inscrire », dit-on.

« C’est surtout dû au fait qu’ils n’ont pas encore obtenu leurs résultats de HSC et qu’ils ne savent pas qu’ils peuvent s’inscrire avec leurs résultats provisoires », explique Dinesh Somanah, directeur général de l’Université des Mascareignes. « C’est la première fois que les universités publiques demandent aux étudiants mauriciens de s’inscrire avec leurs mock exams. Ici, le deadline était le 31 juillet, mais on va relancer, même si on a vu beaucoup d’étudiants s’inscrire pour le master en AI, le seul cours de master que le gouvernement mauricien finance à 100% et qui est financé par Erasmus », dit-il.

Dinesh Somanah, directeur général de l’Université des Mascareignes

Pour Dinesh Somanah, c’est le new normal et l’éducation supérieure locale doit pouvoir s’adapter pour survivre, d’autant que la nature même d’enseigner évolue. Aussi, selon Dinesh Somanah, la pandémie a prouvé une fois de plus les limites de l’humain en société et précise ainsi que face aux nouveaux modèles économiques que nous serons obligés d’adopter, l’objectif des universités reste le même : produire des citoyens responsables et pas uniquement en termes de compétences.

« Je suis convaincu que la musique, le sport, le travail social doivent faire partie de la formation de ces jeunes adultes », dit ce dernier, qui a récemment été élevé au rang d’Officier de l’Ordre des Palmes académiques, quelques années après avoir été fait Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques. « Avant la pandémie, on pouvait prédire quels seraient les métiers les plus demandés, car l’économie de chaque pays était plus ou moins prévisible. Par exemple, dans certains pays, l’on voyait qu’il y avait une tendance pour l’intelligence artificielle et l’on pouvait s’adapter et bouger en ce sens. Mais avec la pandémie, il y a eu un bouleversement et c’est beaucoup plus difficile de prédire et de conseiller à quelqu’un quelle filière choisir. »

Il pense ainsi qu’il est important de repenser l’éducation supérieure à Maurice. Persuadé que tous les étudiants, peu importent leurs performances scolaires, peuvent réussir, il est d’avis qu’il faut introduire des reconversion courses. Ces cours permettraient ainsi aux étudiants de combler le fossé entre universités et monde du travail, et de réduire ce décalage tant décrié par les employeurs et étudiants eux-mêmes. En sus de cela, l’UDM compte introduire un cours de Masters en E-Learning, qui reste selon elle la solution en cette période de crise.