Avec ses 17 Village Council Areas, Savanne se présente avec deux aspects différents. Soit la face côtière au Sud, avec des agglomérations-phares comme Chemin-Grenier, Souillac et Surinam et plus au Nord avec des villages du Tea Belt de Bois-Chéri, La-Flora et Grand-Bois. Du coup, les préoccupations des villageois varient d’une zone à l’autre d’autant plus qu’avec la pandémie de COVID-19, les activités ont connu un net ralentissement vu le potentiel d’emplois affectés, notamment avec l’arrêt de l’industrie touristique, et l’absence d’arôme de croissance dans l’industrie du thé. Mais tant bien que mal, ils se battent pour survivre tout en dénonçant des manquements au quotidien avec dans la savane des embouteillages chroniques à Chemin-Grenier aux cris de mécontentement entendus à Souillac et l’exaspération des marchands de légumes de Surinam.

Ces bâtiments qui font tache

« Le village de Chemin-Grenier est enclavé par la construction de grands bâtiments. Aucun aménagement n’est possible. Les ingénieurs de la National Development Unit, du conseil de district de Savanne et d’autres parties prenantes doivent se réunir autour d’une table pour revoir, étudier et proposer un plan d’aménagement pour l’ensemble de cette zone », suggère P. K., un commerçant qui gère un snack en plein cœur du village . « Vilaz-la pe toufe tigit par tigit. Faute d’espace, les véhicules sont contraints d’être garés n’importe où, causant des embouteillages tous les jours après la sortie des écoles, les samedis et les dimanches, les jours de foire. P. K. n’est pas tendre envers les conducteurs qui roulent à tombeau ouvert dans ce village. « Ils ne respectent rien. Ils ne soucient de rien. »

Certains propriétaires de magasins et d’autres commerçants ne jettent pas leurs ordures dans les poubelles. P. K. regrette l’inaction de la police de l’Environnement et des inspecteurs sanitaires. Ils auraient dû avoir recours aux caméras de surveillance installées autour du marché pour sévir contre ceux qui ne respectent pas la loi. « Il faut décentraliser certaines activités et imposer une vision globale pour son réaménagement. Il suggère aux autorités de construire au plus vite le nouveau marché à Chamouny. »

Selon Veer Gajadur, président du conseil de district de Savanne, une portion de terrain a été déjà identifiée à Chamouny pour la construction d’un nouveau marché dont le coût est estimé à Rs 125 millions. « Le projet a été soumis au Central Tender Board pour être approuvé », soutient le président sortant du conseil. « Je souhaite que le projet se concrétise au plus vite », dira-t-il.

P. K. avait hérité cet emplacement de son père. « Le conseil est responsable de l’anarchie qui prévaut actuellement dans le village. Vous faites une demande pour un projet de développement auprès du conseil de district de Savanne. Une fois les procédures complétées, on vous accorde votre permis. Aucun officier de conseil ne viendra sur place pour vérifier si vous avez respecté tous les critères, si le bâtiment a été construit tout en respectant les dimensions. Résultat, il y a trop de bâtiments qui ont été construits à tort et à travers. Il n’y a plus d’espace. »

Brunel Elisier Toulouse est le représentant du village de Chemin-Grenier et de Plaine-des-Galets, à quelques mètres du supermarché Winners. Il reconnaît que le village de Chemin-Grenier n’a pas connu de grands développements ces huit dernières années. « Il y a comme projet la construction d’un nouveau marché comme annoncé il y a quelques mois. Le projet est en cours. »

Quant aux problèmes d’embouteillage, il suggère au gouvernement de négocier avec l’établissement sucrier de Saint-Félix pour trouver des espaces et aménager une nouvelle route dans la région. « Il faut désenclaver le village de Chemin-Grenier. Li pe asfiksie de zour en zour »dit-il. Chemin-Grenier, renchérit M. N., un autre habitant, est devenu « infernal ». L’anarchie règne et les habitants sont exaspérés, selon ce dernier. « Il y a trop de chiens errants. On les trouve partout. »

SOUILLAC : Pour la restitution  du centre polyvalent

Vela Gounden, l’ex-président du village de Souillac, a adressé le 10 septembre une lettre au secrétaire permanent du ministère des Collectivités locales pour lui demander que le centre polyvalent de Souillac – que le conseil du village avait cédé aux administrateurs du conseil de district de Savanne pour être transformé temporairement en quartier – soit restitué au plus vite, et ce pour qu’il soit à la disposition des habitants de la localité. « Nous avons accepté de coopérer avec l’administration du conseil pendant plus de sept ans. Rien n’a bougé depuis. Nous allons exiger que cet item soit inscrit à l’agenda peu importe qui seront les prochains élus et leur bord politique », lâche-t-il.

SURINAM : Les marchands de légumes excédés

Des marchands de légumes qui opèrent au marché de Surinam sont excédés. Ils parviennent difficilement à vendre leurs légumes parce que d’autres marchands s’installent sous la varangue des boutiques et d’autres improvisent des étals de fortune sur la route principale. Ce phénomène prend de l’ampleur. Ashok, qui occupe un étal à l’intérieur du marché de Surinam, pointe du doigt l’absence de préposés du conseil de district de district à cet endroit : « Bann marsan ilegal vinn instal zot dan bor lari sak lapremidi. Ena parmi ki vinn desan kamion. Nous payons annuellement une certaine somme pour une table que nous occupons. Nous dépensons aussi sur les légumes que nous devons acheter pour vendre. Nous aurions dû avoir l’exclusivité. Ce n’est malheureusement pas le cas. Bann marsan ilegal kokin nou klian. Parfwa nou retourn lakaz avek bann legim ki nou aste e bizin zete landemin. »

Selon Ashok, les marchands illégaux font obstacle à la fluidité de la circulation quotidiennement, surtout les après-midi après la sortie des classes. « La foule et les camions aux alentours gênent le trafic. »

Les marchands qui travaillent en toute légalité souhaitent qu’après les élections villageoises, les nouveaux élus trouvent moyen de régler ce problème qui dure depuis des années. « Zot pe fer nou bokou ditor », déplorent les marchands.

BAIE-DU-CAP : Le cruel manque d’infrastructures décrié

Jannick Ricaud, animatrice, a participé activement à une enquête en juin dernier pour connaître les besoins des habitants de la région ouest), notamment ceux de Baie-du-Cap. Ce village est classé parmi comme étant les moins développés à Maurice. « Ce village souffre d’un faible niveau d’éducation, de l’insécurité alimentaire, d’un mauvais service de santé publique et mentale et de problèmes économiques, sociaux, tels que la drogue, la violence familiale et la maltraitance des enfants. »

À Camp Ramjuttun, Baie-du-Cap, poursuit Jannick, les jeunes manquent cruellement d’infrastructures de loisirs, surtout les enfants. « Pourquoi ne pas construire un village hall ou un centre où ils pourront donner libre cours à leur créativité ? » s’interroge Jannick. Et d’ajouter : « Heureusement, il y a le bord de mer. Les adultes viennent y prendre de l’air, s’adonner à quelques jeux de société. »

Les deux plus grands villages

Chemin-Grenier et Surinam, les deux plus grands villages dans cette région, étaient représentés tout récemment chacun par deux conseillers au sein du conseil de Savanne. Ainsi, Chemin-Grenier était par Mohamad Salim Bakey et Plaine-des-Galets/Chemin-Grenier par Brunel Toulouse, Surinam par Latcha Konaherkanaidu et Shridur Jugurnuth. Ces deux villages font partie de la circonscription No 14 (Savanne/Rivière-Noire) qui est la plus grande en termes de superficie de l’île et deuxième en termes d’électeurs. Cette circonscription compte 63 000 électeurs.
Les candidats pour la région de Savanne se sont enregistrés au collège d’État Vivekananda à Souillac. Ils viennent de Baie-du-Cap, Bel-Ombre, Bénarès, Bois-Chéri, Britannia, Camp-Diable, Chamouny, Chemin-Grenier, Grand-Bois, L’Escalier, La Flora, Rivière-des-Anguilles, Rivière-du-Poste, Saint-Aubin, Souillac, Surinam et Tyack.