Les Français vivant à Maurice seront appelés à élire, le 30 mai, les conseillers qui seront chargés de les représenter auprès de l’ambassade de France et de l’Assemblée des Français à l’étranger. Charles de Loppinot, qui se présentera aux élections, nous en parle. Il évoque de même le projet la « Cité des Enfants » qui est, dit-il, en gestation.

Charles de Loppinot, vous vous présentez, le 30 mai, aux élections en vue d’élire les conseillers des Français de l’Étranger pour Maurice. Quelle est l’importance de cette élection ?

 

L’administration française est représentée par son ambassade et son consulat. Les conseillers consulaires sont élus et ce sont des gens de terrain qui sont à la disposition des Français sans les contraintes des heures de bureau. On est disponible à tout moment sans restriction.

Qui sont les autres candidats ?

Il y a une liste dirigée par Michèle Malivel dont je fais partie. Il doit y avoir une liste aux Seychelles et deux autres listes soutenues par la République en marche.

Ces listes sont-elles présentées uniquement aux ressortissants français à Maurice ?

Elle concerne les Français de la zone Maurice-Rodrigues-Seychelles. L’ambassadrice de France à Maurice, Florence Caussé-Tissier, est également accréditée auprès des Seychelles.

Quel est le rayonnement de ce poste ?

Est-ce qu’il concerne uniquement Maurice ?

Tous les pays du monde, où il y a des Français, élisent des conseillers (447) puis ces derniers élisent certains d’entre eux à l’AFE (90), où sont discutées les problématiques concernant les Français de l’étranger. Notre tête de liste, Michèle Malivel, est élue à l‘Assemblée des Français à l’étranger, où elle transmet les besoins particuliers des « Mauriciens », c’est-à-dire ceux qui ont la nationalité française aux services concernés, appuyée par les sénateurs des Français de l’étranger de tous les partis.

Pourquoi a-t-on besoin d’un conseiller français à Maurice alors qu’un des principaux rôles de l’ambassadeur français est de s’occuper précisément des ressortissants français ?

Comme je vous l’ai dit, c’est un rôle de proximité. Parfois, les contraintes administratives sont pesantes. Pendant le confinement, nous avons pu distribuer des colis, faire venir des médicaments urgents apporter un soutien moral en organisant des cellules d’écoute et renseigner les personnes inquiètes.

Donc quel est votre rôle sur le terrain au sein de la communauté française ?

Nous siégeons dans les diverses commissions administratives : commission des bourses, commission sociale pour venir en aide aux plus démunis. Donc, nous devons être à l’écoute de leurs besoins, que ce soit sur le plan culturel, économique, sécuritaire, social et éducatif.

Est-ce que le conseiller traite avec l’ambassade ou est en contact direct avec les autorités françaises ?

Les deux. On remonte des informations au niveau de l’ambassade. On est également en contact permanent avec les autorités françaises.

Combien de ressortissants français y a-t-il à Maurice et quels sont leurs besoins particuliers ?

Il y a actuellement à Maurice environ 15 000 Français. Environ 11 000 sont enregistrés au Consulat. Les Français nous appellent pour avoir des conseils de tout ordre et surtout sur la santé, la fiscalité, l’éducation et le monde des affaires., notamment.

Comment la diaspora mauricienne peut-elle s’inspirer de cette formule de conseiller afin d’avoir des représentants mauriciens dans les pays où ils vivent ?

La France est un des rares pays à avoir un réseau d’établissements scolaires, de chambres de commerce à l’étranger, qui proposent des aides financières pour les plus démunis, mais ce n’est pas le cas de Maurice. Peut-être, comme en France, ils devraient pouvoir participer à la vie politique en élisant des députés qui défendraient leurs intérêts. C’est un avis personnel. Il revient aux autorités mauriciennes de décider ce qui leur convient le mieux.

La création d’une Cité des Sciences à Maurice avait été évoquée à un certain moment. Où en est le projet ?

Quand on parle de la Cité des Sciences, tout le monde ici à Maurice pense à Joel de Rosnay, car il a été pendant très longtemps le Conseiller spécial de la présidence de la Cité des Sciences ainsi que Claudie Haigneret  (Première femme française et européenne dans l’espace). Il est aujourd’hui toujours Conseiller honoraire du président d’Universciences. La cité des Sciences fait partie aujourd’hui d’une entité avec le Palais de la Découverte, qui s’appelle Universciences. En fait, je reprends un des projets que nous avions eu, Joel et moi, il y a longtemps. Aujourd’hui, nous voulons faire venir la « Cité des Enfants » à Maurice. Cette cité des enfants s’adresse à ceux de 2 à 12 ans. Il y a des scientifiques en herbe qui s’ignorent aujourd’hui à Maurice et qui iront s’épanouir à l’étranger. Pourquoi ne pas les faire rester ici ? Pour compléter l’offre, nous allons également faire venir des expositions itinérantes pour les plus grands. Le projet avance et je vous promets que nous vous tiendrons au courant de son développement dans les prochaines semaines. La France a et aura toujours des liens privilégiés avec l’île Maurice et c’est à nous, Français, de la faire rayonner.