Unique animatrice de l’émission Enquête en direct sur Radio One depuis le premier confinement, en remplacement de Finlay Salesse avec qui elle a partagé l’antenne quelque temps, Anabelle Savabaddy a pris du galon. Elle a repris le flambeau avec force et détermination pour être aujourd’hui l’une des animatrices les plus populaires du pays. Sa voix rauque ne passe pas inaperçue à l’antenne, ses coups de gueule non plus. Scope est allée à sa rencontre, hors studio, chez elle à Cascavelle .

Cascavelle. Dès son arrivée, son cadet Rapha-EL se jette dans ses bras avant d’être imité par le benjamin Ezra-EL (3 ans). Anabelle Savabaddy, bientôt, 39 ans, est de retour à la maison. Rangés la colère et les coups de gueule qu’on lui connaît. Ici, l’ambiance est plus à l’affection. Surtout qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de Rapha-EL qui fête ses 7 ans. Les deux filles, Crystal (16 ans) et Chelsea (13 ans), à l’étage. “Ezra, le plus câlin de la famille, il cherche toujours l’attention de maman et papa. Mais il a le même caractère que maman, il sait ce qu’il veut, il faut absolument que tu lui donnes ce qu’il veut. In pe bonom pena pasyans’. Rafa-EL est l’opposé de maman il est doux comme son papa”, confie l’animatrice.

Une mère intransigeante.

Alors qu’elle s’apprête à faire un peu de lecture à ces deux garçons, Maman Anabelle confie être une mère très sévère. Elle se décrit comme : “Une maman très intransigeante, ‘zafer zafer, nou pa fer kata kata’. Quand je dis une chose, il faut obéir tout simplement. Je suis une mère très sévère, les filles peuvent témoigner, idem pour les garçons. ‘Pa pou les zot fer seki zot anvi’.” Elle confie que c’est elle qui gère les filles alors que son mari, Gerard, gère les garçons. “On impose des règles à la maison et il faut absolument les suivre. Comme mes parents m’ont élevée, j’élève mes enfants de la même façon. On me dit des fois que je suis comme une maman des années 60, je préfère çà. Si je fais tout çà, c’est pour protéger les enfants tout simplement. Ce que j’apprécie beaucoup avec mon mari, c’est que, si je dis quelque chose, il va suivre et on campe sur la même position.”

En dehors de son rôle de maman, Anabelle Savabaddy confie être une femme très simple. “Kan bizin pran balye ek lapel, on le fait, quand il faut défendre les autres, on le fait. Une femme simple comme toutes les autres femmes, rien d’extraordinaire .” Son passe temps préféré : “J’aime bien faire du shopping, tout ce qui est course, tout ce qui est magasin, arpenter les rues de Port-Louis, la foire de Quatre-Bornes, le centre ville de Port-Louis, ça c’est pour moi.”

Accroc aux chaussures.

Elle se dévoile d’ailleurs un peu plus en nous montrant son placard à chaussures. Ses yeux scintillent alors qu’elle essaye une de ses nombreuses paires de chaussures. “J’aime les chaussures, pas besoin de vous dire. J’aime bien les chaussures à talons, je les achète mais je les porte rarement. J’aime bien les espadrilles, en ce moment nous avons des derby très à la mode, et puis j’aime bien les sandalettes plates, les petites savates etc.”

Elle nous montre également son petit coin à elle, non-loin des escaliers, qu’elle a conçu de ses propres mains. “C’est mon petit coin cozy. C’est tout moi, je vois la vie en couleur, je suis très coloré, très fleurie. D’ailleurs, je n’aime pas porter des vêtements ternes. Si je cherche une inspiration c’est là c’est ma source d’inspiration. Quand je dois lire ma bible aussi, je viens là. Si j’ai une émission très importante, comme les émissions du lundi où je dois beaucoup réfléchir, ce petit coin me donne beaucoup d’idées et beaucoup d’inspiration.”

En mode speaker.

En dehors de çà, elle se fait un devoir de pratiquer un peu de sport chaque semaine pour garder la forme. “Je réserve 3 fois la semaine pour un peu de jogging pour garder la forme en compagnie de mon mati ou de mes enfants. ‘Kan ou kontan nana ou pena swa’. Je ne me prive pas en ce qui concerne la nourriture, j’aime bien manger. Où j’habite, il y a la montagne, la nature, c’est paisible, on entend le chant des oiseaux. C’est pour se reposer un peu la tête aussi, on se décharge du fardeau du quotidien.”

La sévérité qu’elle dégage auprès de ses enfants n’est pas sans rappeler ses sautes d’humeur à l’antenne. “Lundi dernier, vous le savez tous, j’avais deux coriaces à mes côtés en la personne de Bablee et Assirvaden. J’étais en mode Speaker. Il y a eu un moment ‘kot mo inn bizin lev depi lor mo sez, desann, fer tegn tou mikro, re ramenn zot a lord, dir zot arete, nou pa dan lasanble. Ce genre de choses, sur le tas, n’est pas évident à gérer, croyez-moi. Mais on essaye de notre mieux. Il y a des fois où il faut s’imposer. Pas de sensationnalisme dans cette émission. Je suis vrai, je suis moi-même.”

“On attend à, ce que les gens qui tapent à notre porte obtiennent satisfaction, c’est notre devise”

Elle confie qu’elle essaye d’apporter sa touche tout en s’assurant à donner satisfaction au public. “C’est une émission qui n’est pas facile, Enquête en direct c’est le bras social de Radio One. Les gens disent que Radio One c’est la marraine des pauvres. Qu’est qu’on n’a pas fait dans Enquête en direct ? On attend à, ce que les gens qui tapent à notre porte obtiennent satisfaction, c’est notre devise. Il y a Finlay Salesse qui m’a passée le relais, j’essaie de pousser la barre bien haut, on garde le niveau. J’essaye aussi quelques fois de trouver quelque chose pour innover.”

L’animatrice révèle aussi qu’elle n’est pas la seule à ramener les autres à l’ordre dans le cadre de son travail. Elle confie ainsi elle-même gouter à sa propre médecine. “Je tiens à remercier mon cher patron, Nicolas Adelson, qui a cru en moi. C’est quelqu’un qui me pousse tout le temps mais qui ramène aussi à l’ordre. Pa mo tousel ki ramenn dimounn a lord tou lezour kouma zot kone.”

Si elle est souvent en mode sévère sur Enquête en directe, Anabelle Savabaddy se mue en animatrice plus posée sur son autre émission, Carnet de santé. Émission qui lui tient à coeur également. “Vendredi, on a fait pleurer un médecin quand une femme a raconté l’histoire de son enfant atteint de thalassémie. Il n’essaie pas de se mettre dans la peau de cette maman qui souffre. Quand cette personne a commencé à témoigner, le médecin s’est mis à pleurer. C’est une émission remplie d’émotions.”