La semaine dernière, des voix s’étaient élevées contre l’abattage de filaos à La Preneuse et dans plusieurs régions l’enlèvement de ces arbres qui font partie du paysage des nos plages interpelle. Cependant, ce serait désormais un mal nécessaire. En effet, alors que Maurice est confronté à l’érosion des plages nos beaux filaos contribueraient au problème.

Les filaos ne luttent pas contre l’érosion des plages contrairement à ce qui est dit depuis des années. “Il n’y a pas de preuve que les filaos empêchent l’érosion côtière. Il n’y a qu’à voir les plages de Maurice. Que ce soit à Flic en Flac, Belle Mare ou Mont Choisy, les plantes qui sont parfois carrément pieds dans l’eau, ne ralentissent pas l’érosion mais, bien au contraire, y contribuent”, dit  Vikash Tatayah de la Mauritian Wildlife Foundation.

La présence des premiers filaos sur nos côtes remontent aux années 1850 selon Vikash Tatayah et avaient été plantés pour des raisons exclusivement militaires. “S’il y avait une invasion et que les troupes devaient bouger rapidement, il fallait que cela se fasse sans obstacles. Une forêt de filaos étant plus facile à traverser que des sous-bois.” Il ressort également que les arbres permettaient également aux soldats de se dissimuler pour tirer sur les ennemis.

Or, même si ce n’était plus nécessaire après cette période, les autorités ont continué à planter ces arbres en bord de mer estimant qu’ils luttaient contre l’érosion et qu’ils agiraient comme wind breakers. Or, dans beaucoup de cas, les filaos représentent une menace. En pourrissant, ils finissent par tomber mettant en danger les plagistes. Il n’est pas rare de voir des troncs allongés sur les plages.

Plantes endémiques privilégiées. 

Les racines de filaos seraient en partie responsables du fait que les tortues ne viennent plus pondre sur nos plages. “Les racines sont trop denses, cela décourage les tortues marines de venir pondre en raison de la difficulté qu’elles éprouvent à creuser le sable ”, indique le scientifique. De même, les filaos seraient responsables du fait que d’autres arbres n’arrivent pas à pousser en raison de leurs feuilles qui sont très acides. “Quand les feuilles tombent pratiquement rien ne peut pousser.”

Un projet de remplacement de filaos a été annoncé par le ministre du Transport Alan Ganoo. Ils devraient être remplacés par des plantes endémiques. Comme le souligne Vikash Tatayah, elles sont plusieurs espèces à se prêter à l’environnement côtiers tout en ayant la faculté de lutter contre l’érosion. “Il faut revenir à la végétation originelle et planter des espèces endémiques et indigènes qui sont plus résistantes. Je pense au veloutier vert et argenté, le bois matelot, le Sainte Marie, le var, le batatran, le cocorico et également le vacoas.”