Triste spectacle que celui offert aux yeux d’une trentaine d’automobilistes qui ont assisté dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre, au festival Nulamisik qui s’est tenu au Domaine de Labourdonnais à Mapou. Au moment de récupérer leurs voitures, stationnées à l’extérieur du domaine, ils ont constaté que celles-ci avaient été vandalisées. Les auteurs du délit n’y sont pas allés de main morte avec des phares et des vitres brisées, des portes enfoncées et des rétroviseurs arrachés. Aussi étonnant que cela puisse paraître, pas un seul cas de vol n’a été perpétré, selon des victimes.

Erigé en 1859, le Domaine de Labourdonnais, un fleuron du patrimoine mauricien, a été reconverti en restaurant et salle de concert. Le festival Nulamisik, qui a réuni plusieurs artistes locaux dont The Prophecy, Blakkayo, Zulu et M. Love, entre autres, est le premier concert qu’organise la société évènementielle Smart Concept au Domaine. Selon plusieurs témoignages recueillis par Week-End auprès de ceux ayant assisté à l’évènement, l’ambiance était conviviale et électrique et le sourire pouvait se lire sur le visage de tout un chacun. Mais c’était sans compter sur cet épisode qui est venu entacher le bon déroulement de ce concert.
Faute d’avoir pu trouver une place de stationnement dans l’enceinte du domaine, un bon nombre d’automobilistes décident alors de garer leurs voitures le long des rues situées à quelques encablures du Domaine de Labourdonnais. Après le concert, de nombreux conducteurs ont eu la désagréable surprise de découvrir que leurs véhicules avaient été pris pour cible par des vandales. Ils sont restés bouche bée au moment de constater les dégâts : des vitres brisées, des carrosseries enfoncées et des rétroviseurs arrachés. « Après avoir constaté que la vitre de ma voiture avait été saccagée, mon conjoint m’a fait remarquer qu’une dizaine d’autres véhicules avaient aussi été endommagés », nous confie Pauline S.

Stupéfaction
Sur la base d’autres témoignages de victimes qui ont relaté leur mésaventure sur Facebook, ce n’est pas une dizaine, mais plus d’une trentaine de véhicules au total qui ont subi des dégradations. « En arrivant sur le site, vers 22 h 30, on voulait se garer sur le parking du domaine, mais un vigile nous a dit que ce n’était pas possible, car les places étaient toutes occupées. Au final, j’ai dû aller me garer une centaine de mètres plus loin en bordure de la rue Beau-Plateau.

A la fin de la fête, c’est avec stupéfaction que j’ai découvert que la vitre latérale de ma voiture avait été brisée. Les véhicules qui étaient garés devant et derrière moi étaient dans un plus mauvais état puisque leurs pare-brise étaient endommagés », raconte une des victimes, qui dit avoir porté plainte au poste de police de Piton. Ce qui intrigue le plus dans cette affaire, c’est que les auteurs de ces actes de vandalisme ont certes brisé plusieurs vitres, mais aucun vol n’a été commis. « C’est juste par plaisir de casser les biens d’autrui, je pense, car j’avais laissé quelques objets de valeur, dont mon autoradio dans la boîte à gants et d’autres objets sous le siège arrière de mon véhicule », dit une autre victime.

Le directeur de Smart Concept, Terish Gungadisssoon se dit « attristé par la tournure qu’ont prise les évènements ce soir-là, d’autant que le festival a été une véritable réussite. L’aire de stationnement était sécurisée, mais il était difficile, voire impossible, pour nous de déployer des vigiles à l’extérieur dans les zones reculées où des centaines de véhicules étaient garés. J’ai même eu l’autorisation de certaines écoles, dont l’école du Nord, pour que les gens puissent se garer dans la cour de leur établissement, mais très peu de véhicules s’y sont rendus ».

Les Casernes centrales, qui disent être en présence de plaintes enregistrées au poste de police de Piton, « ne comptent pas lésiner sur les moyens, même si nous n’avons aucune piste pour le moment, pour retrouver les auteurs de ces délits vu le nombre élevé de véhicules ».

Melissa Vatinel, responsable du département Loisir du Domaine de Labourdonnais, nous indique par ailleurs que « nous nous mettons à l’entière disposition de la police pour faire la lumière sur cette affaire. On pourrait leur faire visionner des caméras de surveillance, par exemple ». Le mystère demeure pour l’instant entier sur cet acte de vandalisme et le mobile des saccageurs.