La victime s’est rendue au poste de police de Pailles

Une habitante de Pailles (42 ans) a été victime d’une escroquerie montée par un faux journaliste ayant prétendu pouvoir l’aider à acheter un terrain à travers la Mauritius Housing Company Ltd (MHC). La quadragénaire explique avoir fait la connaissance du suspect (34 ans) en janvier dernier. Ce dernier avait alors prétendu travailler pour un quotidien, ce que la victime n’a pas pensé devoir vérifier.

Tous deux se sont rencontrés à plusieurs reprises et la quadragénaire a commencé à faire confiance au « journaliste » du fait de sa profession. Étant à la recherche d’une maison, l’escroc lui a alors proposé son aide en soutenant qu’en tant que « journaliste », il avait des contacts avec des ministres et d’autres hauts cadres. Ainsi lui a-t-il promis de lui faire obtenir une maison. En contrepartie, la plaignante devait lui transférer une somme de Rs 30 000.

L’escroc lui a ensuite donné un reçu, tout en lui promettant qu’elle obtiendrait une maison à Terre-Rouge en octobre. Il aurait même été jusqu’à emmener sa proie voir une maison, tout en lui assurant qu’elle en serait propriétaire quelques semaines plus tard. L’homme lui a ensuite montré un faux reçu de la MHC d’un montant de Rs 85 000, qu’il a dit avoir crédité de son compte personnel pour la quadragénaire.

Après cela, l’individu aurait commencé à harceler sa victime, lui demandant de rembourser les Rs 85 000 qu’il avait prétendument déboursées. Il lui aurait même envoyé des lettres de menace. Jusqu’à dimanche dernier, où il a appelé la quadragénaire en menaçant de débarquer chez elle si elle ne lui rendait pas son argent. Mais il n’est pas venu.

Le lendemain, la quadragénaire s’est rendue au siège de la MHC, à Port-Louis, où elle a appris qu’elle n’avait aucun compte au sein de cet organisme. Elle a alors compris qu’elle avait eu affaire à un escroc. Pour en être certaine, elle a même pris contact avec la rédaction du journal auquel ce dernier prétendait appartenir, mais il n’y était évidemment pas employé. La victime a remis à la police les faux documents que l’escroc lui a donnés ainsi que le numéro de téléphone de ce dernier.

La CID de Port-Louis Sud a pris le dossier en main et a appris que le suspect n’en était pas à son coup d’essai, car s’étant déjà fait passer pour un journaliste afin de soutirer de l’argent à ses proies. Quelques semaines auparavant, il aurait ainsi mené une soi-disant enquête dans un hôpital où des enfants, à la charge de la Child Development Unit (CDU), seraient maltraités. Le suspect avait alors lancé un appel au public à travers Facebook pour demander aux Mauriciens de sponsoriser l’achat de boîtes de lait et de vêtements pour bébés, allant même jusqu’à publier des photos d’enfants sur leur lit d’hôpital.

Plusieurs personnes étaient alors tombées dans le piège et avaient transféré de l’argent sur le compte personnel de l’escroc. Sans savoir que ce dernier avait en réalité téléchargé des photos d’enfants d’un hôpital en… Afghanistan.