• Le représentant du DPP arguant que cette information entre le DPP et la police est confidentielle, la Cour appelée à donner un « ruling »

Les débats dans le cadre de la motion pour la radiation de la charge provisoire de “Public official using his office for a gratification”, qui pèse sur l’ex-CP Mario Nobin, se sont poursuivis hier devant la magistrate Neela-Ramdewor-Naugah. L’enquêteur principal dans cette affaire, Kemraj Seebaruth, a été appelé à la barre des témoins et a expliqué comment Mike Brasse avait obtenu son passeport en quelques jours. L’avocate de l’ex-CP, Me Narghis Bundhun, a elle voulu savoir quel a été l’avis du Directeur des Poursuites publiques après avoir reçu le dossier de la police. Le représentant du DPP estime que c’est une information « confidentielle ». Un “ruling” est attendu le 22 mars.

Me Narghis Bundhun estime que la défense « doit être au courant » si le bureau du DPP a donné un avis après avoir reçu le dossier de la police. Me Nataraj Meneesamy, Principal State Counsel, a lui argué que cette information est « confidentielle ». Par ailleurs, le témoin Seebaruth, lors de l’audience, a pour sa part expliqué que plusieurs témoins dans cette affaire s’étaient rétractés par peur de représailles, car Mario Nobin était alors commissaire de police. Il a expliqué qu’au cours de l’enquête, certains n’ont pas voulu témoigner et que ce n’est qu’après le départ de Mario Nobin qu’ils sont revenus donner leurs dépositions à la police. Cette dernière dit avoir rassemblé tous les documents avant l’interrogatoire de l’ex-CP.

Pour ce qui est de l’octroi du passeport de Mike Brasse, l’enquêteur principal a indiqué que l’ex-CP avait demandé un rapport du Passport and Immigration Officer pour se pencher sur sa demande et, après avoir reçu le rapport le 13 septembre 2016, quatre jours après, soit le 17 septembre, Mike Brasse avait reçu son passeport. L’enquêteur principal a cependant souligné que les documents qu’avait présentés Mike Brasse « ne démontraient aucune urgence » sauf qu’il avait perdu son passeport.

Rappelons que Mario Nobin a été libéré sous caution, après son arrestation dans le cadre de son implication pour l’octroi d’un passeport « en urgence » au trafiquant de drogue Mike Brasse. Mario Nobin a eu à s’acquitter d’une caution de Rs 75 000 et signer une reconnaissance de dettes à hauteur de Rs 2 M pour recouvrer la liberté. Entre-temps, son avocate, Me Narghis Bundhun, SC, a soulevé une motion pour la radiation de l’accusation provisoire de “Public official using his office for a gratification”.

Ce délit qui aurait été commis entre le 5 et le 8 septembre 2016. Il est reproché à Mario Nobin d’avoir donné des instructions pour que le Passeport and Immigration Office octroie un passeport au plus vite à Mike Brasse pour se rendre à La Réunion, alors qu’une enquête était en cours pour déterminer comment il avait perdu son passeport dans un premier temps, ainsi « circumventing the Passeport Regulations 1969 which allowed the applicant to travel to Reunion Island at a time elected by him in order to arrange for the conveyance of a huge quantity of drugs to Mauritius by the yacht Îlot Gabriel ».