En fin de séance hier, la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnath, présidant l’enquête judiciaire sur le meurtre de Soopramanien, Kistnen, a ordonné à la Major Crime Investigation Team (MCIT) de produire tous les “Tender Documents” de la State Trading Corporation (STC) et les contrats alloués par la compagnie d’État pour la période d’octobre 2019 à août 2020. Un ordre qui couvre aussi la période durant laquelle le nominé politique et le General Manager de la STC, Jonathan Ramasamy, ont entrepris les commandes dans le cadre des “Emergency Procurements” entamés par le gouvernement pour des équipements médicaux pour contrer la pandémie de COVID-19.

Si pour l’heure, plus rien n’était entendu sur l’enquête entamée par l’Independent Commission Against Corruption sur ces contrats dépassant la barre de Rs 1 milliard, la magistrate envisage de corroborer les versions de Koomadha Sawmynaden et du neveu de Soopramanien Kistnen sur la participation de ce dernier dans les exercices d’appels d’offres lancés par la STC sous l’égide du ministère du Commerce avec Yogida Sawmynaden en tant que ministre.

Mais l’intérêt se porte davantage sur les principaux bénéficiaires de ces juteux contrats, souvent des inconnus dans ce secteur jusqu’à avril dernier avec notamment la société ayant pour Director/Shareholder une ancienne vedette du football local, Bo Dogital Co. Ltd, Deepak Bonomally. Ce dernier a été arrêté en novembre dernier et a été inculpé provisoirement de blanchiment d’argent, en vertu de l’article 3 de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA). L’Independent Commission Against Corruption (ICAC) lui reproche d’avoir, en juin, en tant que directeur de Bo Digital Co Ltd., détenu une somme de Rs 30 395 400.

Cet argent, qu’il avait placé à la banque Baroda à Quatre-Bornes, émanerait d’un acte criminel. Le principal intéressé avait toutefois été libéré contre une caution de Rs 400 000 et a dû signer une reconnaissance de dettes de Rs 2 millions.

Entre avril et juin de cette année, cette compagnie, engagée dans la publicité, s’est également transformée en fournisseur de médicaments pour le compte du gouvernement. Elle a décroché cinq contrats d’un montant de l’ordre de Rs 309 millions, dont deux de plus de Rs 100 millions chacun, pour fournir des “surgical masks”. Dans les milieux informés, on laisse entendre que Bo Digital s’est retrouvée du « bon côté de la montagne » en raison de sa proximité des “Top Guns” de la State Trading Corporation (STC) et du côté du ministère du Commerce. Un « organigramme », qui avait circulé sous le manteau, mettait en exergue les dessous des liens entre Bo Digital et d’autres entités, comme AV Techno-World Co. Ltd, BCA Consulting et MY Kwik Fix Ltd.

Selon les affirmations de Koomadha Sawmynaden, Soopramanien Kistnen faisait partie de ceux qui détenaient des informations pertinentes sur l’allocation des contrats de la STC pour avoir participé à des rencontres de “tailoring” favorisant des proches du pouvoir.


Enquête policière immédiate
sur le Constituency Clerk Fee

La magistrate Mungroo-Jugurnath a ordonné, hier, à la MCIT de conduire une enquête immédiate sur l’utilisation du nom de Simla Kistnen comme bénéficiaire du “Constituency Clerk Fee” de Rs 15 000 par mois par le ministre du Commerce, Yogida Sawmynaden. L’épouse de Soopramanien Kistnen a dénoncé formellement le ministre du MSM à l’ICAC pour avoir utilisé son nom dans le cadre des procédures officielles pour le paiement de cette allocation découlant de son salaire ministériel. Avec cet ordre de la magistrate hier, Yogida Sawmynaden sera appelé à fournir ses explications sur cette affaire d’allocation de Rs 15 000 mensuellement qui, selon Simla Kistnen, n’était pas convenue entre son mari et l’élu du No 8.