• GM mem nomm zot dimounn; zordi zot mem trouv dimounn-la pa bon. Kot nou pe ale ? »
  • Souhait pour « recruter le prochain commissaire des prisons au sein de la prison ou du judiciaire »

La confirmation de l’arrestation du commissaire des prisons, Karl Mario Nobin, a eu l’effet d’une onde sourde au sein de l’administration du service pénitentiaire. Cette inculpation provisoire de l’ex-commissaire de police, et « promu » commissaire des prisons en juin dernier, n’a laissé aucun Prison Officer indifférent ! « Ti pe santi enn zafer koumsa pou arive… Dir mwa enn kou ! Un commissaire des prisons, la tête même de l’institution, qui a maille à partir avec la justice et frôle de peu une incarcération… Où va-t-on ? » concède l’un d’eux.

Pour nombre de ces officiers du service pénitentiaire, la confusion est grande : « C’est le gouvernement qui a nommé Mario Nobin au poste suprême de la prison, et ce, tout en sachant que cette affaire le liant au présumé trafiquant de drogue Mike Brasse allait finir par rejaillir sur lui tôt ou tard. Comment est-ce que ce gouvernement prend des décisions en nommant des personnes de son sérail pour qu’ensuite, ces personnes se retrouvent entraînées dans des scandales ? Où allons-nous dans ce pays ? »

Certains officiers vont plus loin : « Cette affaire de signature du passeport intérimaire du présumé caïd Mike Brasse pendait au nez de Mario Nobin. Pravind Jugnauth savait pertinemment bien cela. Alors pourquoi, quand il devait partir à la retraite, et au lieu de nommer une autre personne, le Premier ministre n’a-t-il rien trouvé de mieux que de “poster” Mario Nobin dans le fauteuil de Vinod Appadoo ? Est-ce en échange de certaines faveurs que l’on ne connaîtra jamais ? » Parce que, continuent ces officiers : « Il était extrêmement clair que Mario Nobin n’était pas l’unique candidat, ni la personne idéale pour le siège de l’homme fort à la prison ! Alors pour quelle raison a-t-il hérité de cette place ? »

En contrepartie, d’autres officiers sont d’avis que « le gouvernement et Mario Nobin étaient conscients que tôt ou tard les choses allaient s’envenimer ». Et de poursuivre : « Peut-être ont-ils pensé laisser les choses couler, et que rien n’arriverait. Mais une chose est sûre, depuis son arrivée à la prison, en juin dernier, Mario Nobin s’est fait tout petit. C’est à peine s’il s’est intéressé aux affaires de la prison et qu’il s’y est engagé. Il a tout délégué à ses quatre DCP. À eux de se charger de tout le boulot ! »

Ce qui amène ces anciens des Mauritius Prisons Services (MPS) à cette réflexion : « Pourquoi ne pas avoir recruté le nouveau commissaire des prisons dans les rangs des officiers de carrière ? Cela aurait été une économie de temps et d’argent ! Déjà avec Appadoo, qui a prôné une politique de pro-répression, et qui n’a rien compris à la réhabilitation, on a pris des années de retard… Maintenant avec un commissaire des prisons sur qui pèse une affaire aussi grave, on est parti pour la gloire ! »

D’autres officiers, actuellement en poste, renchérissent : « C’est une occasion en or pour le gouvernement de faire la différence. Si bien entendu il a cette volonté… Sinon, si c’est toujours la politique des “petits copains” et des “hidden agendas” qui prédomine, c’est fichu ! »

Pour un certain nombre de Prisons Officers, « cette affaire impliquant Mario Nobin rejaillit certes sur nous tous, mais nous sommes d’avis que cela ne va pas grandement nuire dans l’ensemble ». Blasés, ces hommes et femmes poursuivent : « D’ici peu, tout rentrera dans l’ordre, et ce sera comme si rien n’était arrivé… C’est triste. » Anciens de la prison et jeunes recrues disent ainsi « militer pour un univers carcéral placé sous le signe de la modernité ».

Et ceux-ci de lancer : « Il n’y a plus de place pour la répression et la punition. La donne a changé. Nombre de nos détenus ont des problèmes avec la drogue ou sont atteints du sida. Ce n’est pas en les punissant qu’on arrivera à grand-chose. Il faut une approche humaine. Et pour cela, pourquoi ne pas recruter le prochain commissaire des prisons soit dans nos rangs, soit dans le judiciaire ? Les hommes de loi maîtrisent davantage les rouages des prisons que les hommes venant de la police… À la seule exception de Jean Bruneau, les autres n’ont pas fait grand-chose en matière de réhabilitation et de réinsertion. »

En tout cas du jamais vu avec un commissaire des prisons échappant de justesse au cachot de la police, cette même police dont il était le commissaire il y a à peine quelques mois…