Les appels de Siddick Chady, ex-directeur de la Mauritius Ports Authority, et Prakash Maunthrooa, ex-directeur général de cet organisme, ainsi que celui du Directeur des poursuites publiques (DPP) dans l’affaire Boskalis, ne seront pas entendus sur le fond de sitôt. Les juges David Chan Kan Cheong et Aruna Devi Narain, qui devaient présider ensemble ces procès en appel, ont décidé de se retirer, ayant été impliqués à un moment dans les démarches légales effectuées dans le cadre de cette affaire de portée internationale. Idem pour Me Rama Valayden qui occupait les fonctions d’Attorney General à l’époque.

Alors que les trois appels avaient été fixés pour ce lundi 21 juillet, la juge Aruna Devi Narain devait faire une déclaration en cour selon laquelle elle avait été celle qui avait préparé la demande de Mutual Legal Assistance pour l’aide des Pays-Bas dans cette affaire. Elle a dit avoir informé le chef juge de la situation. Le juge David Chan Kan Cheong, lui aussi impliqué dans les procédures pénales, a indiqué qu’il avait un moment été celui qui avait émis des Disclosure Orders.

Me Rama Valayden, dont les services ont été retenus par Prakash Maunthrooa pour cet appel, n’a lui aussi pas eu d’autre choix que de se retirer dans cette affaire. Me Valayden a déclaré qu’il avait été ministre de la Justice à l’époque où la Mutual Legal Assistance avait été rédigée et que c’est lui qui avait signé sur ces documents. Me Valayden a dit comprendre que, selon le code d’éthique, il ne peut que se récuser même s’il n’a fait que signer sur des documents. Avec le retrait du “double bench” et de Me Valayden, les procès en appel seront fixés à une date ultérieure.

Siddick Chady et Prakash Maunthrooa avaient écopé de neuf mois de prison chacun pour corruption et entente délictueuse respectivement dans l’affaire Boskalis. Ces derniers devaient faire appel de ce jugement, tout de suite après le verdict de la Cour intermédiaire. Prakash Maunthrooa avance notamment dans ses points d’appel que la sentence est « disproportionnée » en raison des circonstances entourant cette affaire. Siddick Chady a, lui, avancé qu’il n’y avait aucune preuve, avec documents à l’appui, qu’il y avait des transactions entre Boskalis et Gilbert Philippe, faites sous ses instructions.
Le DPP a aussi déposé un appel pour contester la sentence imposée par la magistrate Wendy Rangan. Dans ses deux points d’appel, le DPP dit ainsi être « insatisfait » du jugement prononcé par la cour intermédiaire le 21 novembre 2019 et que la sentence « n’est pas proportionnelle quant à la gravité du délit ».

Siddick Chady a été reconnu coupable en cour intermédiaire d’avoir, le 8 janvier 2007, alors qu’il était Chairman de la MPA, utilisé la firme Boskalis pour que cette dernière effectue un transfert de 25 000 euros à Gilbert Philippe. Prakash Maunthrooa avait, quant à lui, été reconnu coupable d’avoir, en 2006, arrangé des rendez-vous privés entre Siddick Chady et Pieter Boer, représentant de Boskalis, après que celle-ci avait obtenu le contrat de dragage.