Le Chief Executive de la State Bank of Mauritius Parvataneni Venkateswara Rao, a été une nouvelle fois à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) hier après-midi dans le cadre de l’enquête sur des allégations de corruption formulées par un employé de cette banque d’État sur un autre. Selon nos recoupements, PV Rao a été appelé à fournir des explications, documents à l’appui, sur les Legal Retainers contractés ces dernières années au niveau de cette banque d’État.

Cette démarche de l’ICAC fait suite à l’allégation d’un haut cadre du département légal de la SBM selon laquelle un autre employé favoriserait une firme légale spécifique dans l’allocation de dossiers légaux pour le compte de la banque. Selon les informations qui transpirent des milieux informés de cette enquête, cette affaire aurait en toile de fond un règlement de comptes au niveau du département légal car de nombreuses plaintes ont été enregistrées contre le dénonciateur de cette affaire. Le principal concerné miserait d’ailleurs sur ses connexions en vue de se protéger contre des décisions correctives. Recruté il y a environ cinq ans, il aurait dernièrement été acculé sur plusieurs de ses Legal Opinions et a selon certaines sources tenté de se mettre hors des projecteurs tout en mettant de l’avant ce favoritisme allégué envers certains hommes de loi. Dans la foulée, il aurait accusé, selon les informations recueillies, une responsable de la SBM de favoriser une firme légale. L’ICAC aurait, selon nos recoupements, entendu le Chief Executive PV Rao hier sur les dessous de cette allégation pour connaître si celles-ci sont fondées.

Au regard de l’enquête même, on laisse entendre que le responsable juridique de la SBM s’est apparemment plaint à l’ICAC du fait que les services d’un cabinet d’avocats ont été régulièrement retenus depuis 2017 pour des questions de documentation de prêt complexe et pour certains litiges. Il aurait ainsi accusé un autre haut cadre de la banque, dont le fils aurait été employé à un certain moment par le cabinet d’avocats en question, d’avoir favorisé la firme légale ciblée. PV Rao aurait, selon des sources avisées, expliqué que le cabinet d’avocats en question fait partie du panel de SBM depuis 2008. Le Chief Executive de la SBM aurait également expliqué que la nomination des avocats au panel des conseillers juridiques de la banque fait régulièrement l’objet d’un réexamen et qu’il y a renouvellement s’il n’y a pas de rapport défavorable. D’ailleurs, le responsable juridique, soit le dénonciateur, aurait lui-même renouvelé le mandat de ce cabinet en janvier 2017. PV Rao aurait également laissé entendre que les employés de la SBM ne sont autorisés qu’à utiliser les avocats et des cabinets d’avocats agréés par le panel de la banque.

L’ICAC doit désormais établir si le responsable juridique ne fait que riposter pour avoir été écarté à la  suite de plusieurs plaintes formulées contre lui cette année, avec notamment des enquêtes sur ses performances et sa conduite au sein de la banque allant de conseils juridiques jugés médiocres par le Top Management à de longues absences inexpliquées. On laisse entendre à la SBM que des Legal Opinions ont été à l’origine de plusieurs problèmes dans des dossiers bancaires et c’est pour cette raison que le conseil d’administration a décidé de réorganiser ce département. La Commission anti-corruption attend à présent à corroborer les explications de PV Rao avant de décider de la marche à suivre.