La Mauritius Ports Authority (MPA) n’a eu d’autre choix que de faire marche arrière avec une opération “tir kadna” suite à la tentative de verrouillage de témoins, démarche s’apparentant à un outrage à une instance quasi-judiciaire. C’est ce qui découle des tractations suite à la publication dans Le Mauricien d’hier de la lettre-circulaire imposant des contraintes majeures à des officiels assignés en tant que témoins devant la Court of Investigation sur le naufrage du Sir Gaëtan, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême Gérard Angoh.

Dans un communiqué émis en fin de journée, la direction de la MPA tente de se dédouaner de cette sinistre affaire d’intimidation et de harcèlement d’employés et témoins potentiels. « La direction de la MPA tient à préciser qu’elle a toujours apporté et continuera à apporter sa collaboration à la CoI et à toute autre cour d’investigation, car les travaux de ces cours sont d’une importance capitale et dans l’intérêt public. La direction de la MPA voudrait informer tout un chacun qu’elle n’a jamais exercé, et n’a aucune intention d’exercer, une quelconque pression sur ses employés qui sont appelés à déposer devant les cours », indique le communiqué de la MPA.

Ne faisant aucunement référence à l’e-mail émis par le responsable des ressources humaines aux chefs de départements, soit avec des directives claires adressées en ce qui concerne la convocation des officiels devant les instances juridiques et le verrouillage des dépositions et autres documents à être déposés, la MPA fait ressortir que « tous les employés qui seront convoqués par la CoI ou toute autre cour d’investigation pour déposer au nom de la MPA sont tenus d’informer leur employeur en avance de leur présence aux travaux de ces cours afin de mettre à jour leur fiche de présence ».

On avance également en ce qui concerne les documents officiels que les employés convoqués devant les instances seront appelés à déposer au nom de la MPA devant la Court of Investigation ou devant toute autre juridiction, que les concernés « doivent faire la requête à la MPA en premier lieu afin d’obtenir des documents complets et authentiques pour être soumis ». La MPA soutient aussi que les employés convoqués au nom de la MPA ont été notifiés qu’ils seraient éligibles à une assistance juridique s’ils le souhaitent en cas de convocation au nom de l’organisme portuaire.

Dans les milieux informés, on avance que cette affaire a été longuement débattue au niveau de la MPA hier, le directeur général, Shekur Suntah, se dissociant de la directive qui est au cœur de cette polémique. Certains réclament d’ailleurs qu’une enquête interne soit instituée pour déterminer qui aurait pu donner de telles instructions. L’auteur de la circulaire devra révéler la source des instructions pour ces directives d’intimidations.