– Le tribunal de Bambous préfère solliciter l’avis préalable du DPP avant de se prononcer

Le décès d’un soudeur (46 ans) le 3 mai dernier dans une maison de Cité EDC, Rivière-Noire, intéresse fortement la police. Dans un premier temps, ce cas avait été traité comme une mort par overdose, mais en l’absence de certains éléments, les enquêteurs estiment qu’il pourrait en réalité s’agir d’un cas d’homicide. Aussi ont-ils demandé au tribunal de Bambous le 5 juillet, à travers le Detective Inspector Dowlul, un ordre d’exhumation du corps en vue d’une nouvelle autopsie.

La justice a cependant refusé d’émettre un Exhumation Order à ce stade et a demandé à la police de chercher au préalable l’avis du Directeur des poursuites Publiques (DPP) et, le cas échéant, de revenir à la charge si nécessaire. Ce que le surintendant Bansoodeb, responsable de la CID de la Western Division, a donc fait.

Les faits remontent au 3 mai. Cet après-midi-là, des policiers de Rivière-Noire s’étaient rendus dans une maison de Rivière-Noire, où la victime, un habitant de Bambous, gisait sur le sol et ne respirait plus. Son neveu, présent sur les lieux, a ensuite remis aux policiers la carte d’identité et la carte bancaire du quadragénaire, avant que ce dernier ne soit transféré à l’hôpital régional  Yves Cantin de Tamarin, où un médecin avait confirmé le décès.

L’autopsie a attribué sa mort à une rupture du ventricule gauche. Ses funérailles se sont déroulées le lendemain au cimetière de Rivière-Noire. Sauf que quelques jours plus tard, soit le 10 mai, le frère du défunt s’est rendu à la police pour informer les enquêteurs qu’il disposait d’informations à l’effet que le soudeur, le jour du drame, se trouvait en compagnie de quatre personnes, et que l’une d’elles lui aurait administré de la drogue « pour lui voler son argent ».

Avec ces nouvelles informations, le dossier a été remis à la CID de Rivière-Noire, chargée donc de faire la lumière sur les circonstances de ce décès. L’épouse de la victime (46 ans) devait ainsi déclarer que le 3 mai, le quadragénaire avait quitté la maison vers 8h pour se rendre à une banque de Bambous, où il devait retirer de l’argent. Après quoi celui-ci aurait rencontré son neveu à un arrêt d’autobus.

Les enquêteurs ont par ailleurs interrogé une jeune femme (23 ans) présente dans la maison de Cité EDC ce jour fatidique. Elle explique ainsi que le soudeur serait arrivé avec deux bouteilles de vin. Le neveu de la victime aurait ensuite, selon elle, sorti une dose de drogue synthétique, avant de demander à l’une des personnes présentes si elle en voulait.

Entre-temps, le quadragénaire  aurait demandé à son neveu de lui remettre les Rs 5 000 qu’il venait de retirer à la banque. Après quoi il aurait donné Rs 1 000 à un dénommé Rozelio pour acheter de l’héroïne.

Selon la jeune femme, ce dernier est revenu avec trois doses de cette drogue, qu’il aurait ensuite préparée dans la cuisine. Après quoi le dénommé Rozelio l’aurait mise dans une seringue avant d’administrer lui-même la drogue au bras gauche de la victime.

Mais les choses auraient mal tourné et le soudeur se serait aussitôt évanoui sur une table de cuisine. Ceux présents auraient tenté de le réanimer en le mettant sur un matelas, mais sans succès.  Alertée par des cris, une personne présente dans la maison, mais n’ayant rien à voir avec les faits, serait alors intervenue. Elle aurait appelé le SAMU, mais aucune ambulance n’était alors disponible. Raison pour laquelle elle aurait alors appelé la police.

Quatre autres individus, présents au moment des faits, ont été interrogés par la CID. Tous ont donné la même version des faits. Quant au dénommé Rozelio, il est introuvable. La police ignore pour le moment ce que contenait la seringue et est toujours dans l’attente du rapport du Forensic Science Laboratory (FSL). L’argent de la victime n’a pas non plus été retrouvé. La police n’écarte pas la possibilité qu’il s’agisse d’un cas d’homicide.