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Des tensions entre différents groupes prenant part aux élections villageoises commencent à se faire sentir avec au moins deux plaintes consignées hier à l’Est. Ces frictions sont dues au fait que des politiciens des partis “mainstream” tentent de faire élire leurs poulains pour le scrutin du dimanche 22 novembre.

Hier soir, c’est un chauffeur de taxi de 38 ans, candidat d’un parti pour les villageoises à Bel-Air, qui a été menacé par un agent d’un parti rival (40 ans), également son cousin. Dans une plainte à la police, le trentenaire avance qu’il était dans la rue quand le suspect l’a menacé, tout en lui disant que certains électeurs ne voteront pas pour lui. Dans un premier temps, le taximan l’a ignoré. Mais le quadragénaire l’a harcelé et devait même enlever une banderole du parti que représente le plaignant qui se trouvait sur le toit d’une boutique.

Il croyait que l’incident était clos. Sauf qu’aux alentours de 00h30, selon le trentenaire, il était chez lui quand il a entendu le vrombissement d’une voiture qui accélérait et une voix qui hurlait: « Pa met lipie dan Caroline, mo pou detrip twa. Si ena lesans mo pou bril bandrol la. » Il dit qu’il n’a pu voir l’auteur de ces propos, mais que son voisin lui a confié qu’il s’agit de son cousin. En sortant de chez lui, il a noté une banderole endommagée. Des policiers ont été mandés sur place et une enquête initiée. Les enquêteurs comptent solliciter le responsable d’une station-service à proximité des lieux pour visionner ses caméras de surveillance et tirer au clair cette affaire.

Par ailleurs, un habitant de Providence (58 ans), leader d’un groupement qui conteste les sélections dans cette localité, a rapporté à la police qu’il avait placé des banderoles un peu partout dans la région. L’une d’elles a été déchirée près de la jonction de Montagne-Blanche. Le préjudice s’élève à Rs 1 000. Il soupçonne un parti rival, proche d’un groupe politique national, d’être l’auteur de cet acte.

D’après les renseignements recueillis, la police dit avoir noté des frictions entre partis rivaux dans certaines régions avec des prises de bec, mais qu’il n’y a eu aucun incident majeur. Les éléments du National Security Service avancent que des politiciens des partis “mainstream” sont indirectement impliqués dans ces élections « en donnant des mots d’ordre pour qui voter ».

De son côté, le commandement de l’Eastern Division a déjà établi un plan pour éviter des actes de violence pendant la campagne. Une unité, la Quick Response Team (QRT), a été mise sur pied à cet égard, avec pour mission de patrouiller les différents villages pour veiller à ce que la campagne se déroule dans le calme. Ainsi, chaque équipe du QRT est dirigée par un sergent de police. Ces équipes fouillent des véhicules suspects la nuit pour s’assurer qu’il n’y a pas d’armes ou d’objets illicites et que la sécurité est maintenue au cours des petits rassemblements politiques dans les villages. À titre d’exemple, différentes équipes de la QRT ont sillonné plusieurs régions hier soir jusqu’aux petites heures ce matin dont Moka, Saint-Pierre, Quartier-Militaire, Montagne-Blanche, Flacq, Bel-Air ou encore Camp-de-Masque. Cette unité est supervisée par l’ACP Mannaram, Divisional Commander de l’Eastern Division.

Encart

Sécurité renforcée dans les écoles fréquentées par les Français

Avec la situation en France, la direction de la police de l’Eastern Division a décidé de renforcer la sécurité dans les bâtiments fréquentés par les ressortissants français qui sont à Maurice. Ainsi, un policier est placé en permanence au Lycée des Mascareignes et à l’École du Centre à Helvetia entre 7h et 17h tous les jours. Alors que les Casernes centrales ont donné des instructions à des unités comme la CID de Moka, la DSU, l’ERS, la police de Saint-Pierre et la FIO d’effectuer des patrouilles régulières aux alentours de ces deux centres. Selon une source à l’Eastern Division, il s’agit d’une mesure proactive. « Il n’y a aucune menace contre les résidents français à Maurice », ajoute-t-on.