Soopramanien Kistnen

Le constable Abeeram a été appelé une nouvelle fois dans le cadre de l’enquête judiciaire hier, cette fois pour visionner les vidéos des caméras de la Safe City qu’il a pu trouver pour retracer le trajet effectué par Soopramanien Kistnen dans la journée du 16 octobre. Dans la première vidéo, à 11h30, on l’aperçoit ainsi traverser le sentier dans les champs de cannes à Telfair pour se diriger vers un abribus, où il prendra un autobus en direction de Rose-Hill.
La deuxième vidéo indique 11h50, la date ne devant toutefois pas correspondre, car l’on pouvait lire le 19 août 2020. Après des explications réclamées, le constable devait invoquer que l’heure mentionnée n’est pas la bonne, mais que c’est l’heure indiquée le jour où il a récupéré les images dans le serveur, soit le 10 décembre 2020. Or, la vidéo devait afficher le 19 août.

Par ailleurs, sur une autre vidéo, à midi ce 16 octobre, on pouvait voir la victime quitter la station de Rose-Hill, traverser l’ancien Arab Town et se diriger vers la rue Duncan Taylor, près du bazar de Rose-Hill. À 12h18, il quitte la rue Duncan Taylor et retourne près de l’ancienne Arab Town, où il s’arrête et utilise son téléphone.

À 12h20, on le voit se diriger à nouveau vers la rue Duncan Taylor. Il y passera une vingtaine de minutes pour, par la suite, prendre la direction du poste de police de Rose-Hill à 12h50. À 13h04, sur les enregistrements, on le voit s’orienter vers un abribus à Belle-Rose, près de la magistrature, et prendre un autobus se dirigeant vers Beaux-Songes. Il s’agit là de la dernière vidéo récupérée où l’on pouvait apercevoir la victime.
À ce stade, Me Neerooa précise que la victime portait un masque et a marché sans encombre pendant plus d’une heure dans les rues de Rose-Hill, alors que le témoin Parsuramen Arian avait avancé que son ami était mal en point et avait du mal à marcher. La magistrate attire quant à elle l’attention sur le fait que la victime semblait porter une paire de chaussures de couleur noire dans les vidéos, en plus du vêtement rouge, du pantalon noir et du sac noir qui étaient visibles.

Par ailleurs, le constable Abeeram a été cuisiné sur la formation technique des policiers pour opérer les caméras de la Safe City. Il devait être mis devant les faits par Me Roshi Bhadain qu’il avait présenté un “Code of Conduct” dans une circulaire du commissaire de police (CP) datant de 2012, et qui ne fait pas état du maniement des caméras de la Safe City. Or, il existe une circulaire du CP, qui date du 19 novembre 2020, qui évoque la manière d’opérer lesdites caméras. Des interrogations qui sont demeurées sans réponses, et dont le mystère devrait être résolu avec l’audition du responsable du maniement de ces caméras ainsi que celle du surintendant de police Dawan, de la Police Information and Operations Room (PIOR).

Face à ces zones d’ombre, les avocats ont estimé après la séance d’hier qu’il y aurait eu « manipulation de vidéos » et que « les responsables devront rendre des comptes ».