Depuis son arrestation en février, Yassin Meetou avait nié toute implication dans le meurtre de Manan Fakoo. Mais cet entrepreneur de Vallée-Pitot est revenu sur sa déposition initiale et devait cette fois-ci confirmer l’existence d’un plan pour tirer sur l’ex-gros bras. Assisté de son avocat, il a donné des détails sur son association à un groupe de personnes voulant faire la peau à Manan Fakoo. L’élément déclencheur du plan a été lorsque Manan Fakoo, Vishal Shibchurn et consorts se sont rendus devant la New Court House le 12 janvier lors de la comparution de l’ex-ministre Yogida Sawmynaden en cour pour faire face à une private prosecution.

Cette bande n’a pas été inquiétée par la police. Soupçonnant une complicité alléguée entre le groupe de Fakoo et certains policiers, Yassin Meetou dira qu’il fallait donner une leçon au gros bras. Selon lui, un plan a été monté avec la complicité d’Umar Beeharry, Multazam Sadulla et Ajmal Aumeeruddy. Ces derniers fréquentent une association religieuse et se connaissent. Yassin Meetou a fait part qu’Ajmal Aumeeruddy et Umar Beeharry avaient prévu d’être à moto pour tirer sur Manan Fakoo. Multazam Sadulla, dont ses cousins résident à Beau-Bassin, devait jouer le rôle d’éclaireur. Yassin Meetou devait, lui, convoyer des tireurs dans son van.

Les protagonistes communiquaient à travers une application mobile où ils sont tous dans un groupe. Le 19 janvier, soit à la veille de la fusillade, ils ont effectué un test pour corriger un manquement quelconque à leur plan. D’ailleurs, le suspect Saif Sadulla a déclaré que lui et ses cousins, dont Multazam Sadulla, se trouvaient non loin de la maison de Manan Fakoo dans un van. Il a déclaré que deux individus à moto ont conversé avec Multazam, lui demandant des renseignements sur la victime.

Dans sa version, Yassin Meetou avance que c’est Ajmal Aumeeruddy qui aurait tiré sur Manan Fakoo alors qu’Umar Beeharry pilotait la moto. Il aurait déposé ses complices à Rose-Hill et les attendait dans son van dans un lieu retiré à Ébène. À l’arrivée du duo après la fusillade, il a embarqué leur engin dans son véhicule et devait retourner à Port-Louis. Saif Sadulla avait, lui, déclaré que son cousin Multazam avait pris son van ce jour-là et qu’il travaillait dans le salon de coiffure de son père. Après que la nouvelle de la fusillade s’est répandue, il a rencontré son cousin près d’un supermarché à Beau-Bassin. Ce dernier lui a demandé de le déposer à Vallée-Pitot.

Yassin Meetou a participé à un exercice de reconstitution des faits mercredi à Vallée-Pitot, Rose-Hill et Ébène pour montrer aux enquêteurs où il se trouvait lors de la soirée de la fusillade. À noter qu’aucune arme n’a encore été saisie par la MCIT et la CID de la Western Division.