La police traque un réseau d’escrocs s’appropriant des terrains et biens

Sandeep Appadoo (53 ans), beau-frère d’un ministre de l’Alliance Morisien, et fils d’un ancien haut gradé de la police, est en détention depuis mercredi après son arrestation par une équipe de l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) qui a procédé à la saisie de fausses cartes d’identité chez lui. Il est soupçonné de faire partie d’un réseau qui tenterait de s’approprier des terrains et biens immobiliers de manière frauduleuse. Son complice, Mohamed Imraan Muthy (59 ans), parenté avec un travailleur social qui a milité pour les victimes de Sale by Levy, a confirmé avoir agi sous les instructions du premier nommé.
Selon des sources proches de l’ADSU, cette enquête, si elle est menée à bien, pourrait déboucher sur plusieurs autres arrestations. Depuis longtemps, la police a eu vent que Sandeep Appadoo, directeur de Geettaraj Company Ltd, aurait repris ses anciennes activités. Il avait été arrêté en septembre 2006 pour une affaire d’entente délictueuse dans laquelle le nom du notaire Vinay Deelchand avait été cité par Antoine Chetty. À l’époque, un Vacoassien avait déclaré à la police avoir remis Rs 200 000 au beau-frère du ministre pour l’achat d’une maison. Sauf que le plaignant n’a reçu aucun contrat.

Le nom de Sandeep Appadoo est aussi mêlé à une autre affaire de terrain où un certain Anwar T. avait vendu un terrain en passant par un réseau dont faisait partie Sandeep Appadoo, qui était un des directeurs d’une compagnie immobilière. Or, la victime n’a pas reçu l’intégralité du paiement. L’ex-gros bras Antoine Chetty avait alors avoué à la police qu’il y avait eu un complot pour incendier la maison du plaignant car ce dernier voulait porter l’affaire à la police. Des cocktails Molotov ont été lancés sur la demeure d’Anwar en août 2000. Néanmoins, c’est son 4×4 qui a été brûlé. Sandeep Appadoo avait été condamné à une caution de bonne conduite de Rs 100 000, au risque d’être emprisonné en cas de récidive. Il avait fait appel de cette condamnation. Quand à Mohamed Imraan Muthy, il est directeur d’une compagnie immobilière.

Par ailleurs, la police a obtenu certaines informations sur le Modus Operandi de ce réseau dont ferait partie un notaire, parenté avec un VVIP de l’État. Étant donné que ce ne serait pas qu’une affaire de simple possession de fausses cartes d’identité, le dossier pourrait être remis à la Land Fraud Squad, tombant sous le Central CID.

A l’ADSU de Rose-Hil, l’on avance que Sandeep Appadoo agit comme courtier et donc, il est souvent aperçu au Registrar General, cherchant des informations sur des terrains. Une des thèses avancée par la police à ce stade pour expliquer la possession des cartes d’identité des personnes décédées chez lui, à Belle-Étoile, est qu’elles seraient propriétaires de terrain dont les héritiers seraient en conflit. Aussitôt cette information en main, un ou des arpenteurs faisant partie du réseau dressent un plan conforme à la Registration Duty Act et à une Certification of Registration Act. Puis, un faux “deed of sale” est préparé en utilisant le faux tampon d’un notaire comme celui retrouvé chez Sandeep Appadoo. Le document est ensuite remis aux clients qui ont fait appel aux suspects. Une fausse procuration serait aussi utilisée comme astuce. Ces derniers reçoivent une commission en retour sur la vente ou l’héritage du bien.

Concernant les tampons d’un notaire parenté avec un ancien directeur d’Air Mauritius, la police soupçonne que le réseau l’a fabriqué sans sa connaissance. Pour confirmer ce fait, le notaire sera appelé bientôt pour confirmation. Les personnes dont les noms se trouvent sur des documents saisis seront aussi convoquées pour des explications. À ce stade, l’interrogatoire des deux suspects n’a pas encore débuté, l’ADSU ignorant toujours si elle sera toujours en charge du dossier.