L’internaute Shameem Korimbocus, plus connu comme “Shameem One n only”, a été interrogé pendant plus de quatre heures au Central CID mardi sur la base d’une plainte déposée par un habitant de Brisée-Verdière, qui l’accuse d’avoir falsifié sa signature sur un document. Assisté de l’avocate Roubina Jadoo-Jaunbocus, il a nié les accusations portées contre lui et évoque un « coup monté ».

Le plaignant avait déclaré à la police dans sa plainte, en septembre de l’année dernière, que le principal concerné aurait déposé des documents portant sa signature à la Mutual Aid pour qu’il se porte garant pour un emprunt. Cette démarche remonte à 2010, alors qu’il avait l’habitude de croiser Shameem Korimbocus sur son lieu de travail. Or, s’il admet avoir remis une copie de sa carte identité au suspect, il affirme que c’était pour l’achat à crédit d’un appareil électrique.

C’est en sollicitant un emprunt d’une banque pour l’étude de ses enfants qu’il a appris, après le rejet de sa demande, qu’il s’était porté garant à la Mutual Aid. Il s’était alors rendu sur place pour obtenir des explications, et un officier lui avait confirmé que son nom figurait bien sur un document.

De son côté, Shameem Korimbocus a expliqué qu’il travaillait comme membre de la sécurité sur le parking de la State Property Development Company Ltd (SPDC) à l’époque et qu’il rencontrait souvent le plaignant. Ils avaient fini par développer une amitié. Il lui avait alors demandé d’être son garant à la Mutual Aid, où il a contracté un emprunt de Rs 350 000. L’internaute dit avoir perdu son travail quelques mois plus tard, mais que cela ne l’a pas empêché de continuer à honorer ses mensualités.

Par la suite, l’habitant de Brisée-Verdière s’est retiré comme garant après un différend survenu entre eux, dit-il. Le suspect s’est aussi demandé pour quelle raison son ami n’avait pas porté plainte contre lui à l’époque, et qu’il ne l’a fait que des années plus tard. Il a remis des documents au CCID pour appuyer sa version. Shameem Korimbocus n’a pas été inquiété à ce stade de l’enquête et a été autorisé à partir. Les enquêteurs comptent cependant référer le dossier au Directeur des poursuites publiques pour décider de la marche à suivre.

L’internaute est très connu sur les réseaux sociaux, surtout pour ses vidéos satiriques contre le gouvernement. En août 2019, il avait été déporté de Dubaï, où il résidait avec sa famille, bien que la raison de cette décision des autorités émiraties demeure toujours un mystère.

Dans un premier temps, Shameem Korimbocus était très proche de l’opposition, surtout pendant la campagne électorale de 2019. Après quelques mois, il avait logé une déposition au CCID en évoquant un complot allégué contre le CEO de Mauritius Telecom dans l’affaire Sherrygate, où il avait dénoncé deux avocats et des journalistes de Top FM. Mais depuis un certain temps, l’internaute fait profil bas, préférant s’occuper de son snack.