Le CCID a initié une enquête criminelle sur la fuite d’informations « confidentielles » du ministère de la Santé, qui auraient atterri dans les mains des parlementaires de l’opposition. Des fonctionnaires sont ciblés et certains ont même déjà été interrogés par l’équipe du DCP Hemant Jangi. Dans le sillage de cette investigation, les enquêteurs ont fait une descente hier au siège du ministère de la Santé, à Port-Louis, où ils ont saisi des équipements informatiques et des documents. Ces pièces à conviction seront bientôt passées au crible par l’Information and Technology Unit de la police.

Le CCID souhaite établir qui sont les récipiendaires de certaines correspondances (courriels) échangées par des hauts cadres du ministère de la Santé. Le but est d’établir le groupe d’officiers qui a accès à des informations comme l’achat de médicaments durant la période de couvre-feu sanitaire. La police estime que « ce serait l’un d’entre eux qui aurait fuité ces informations aux membres de l’opposition ». Selon nos informations, la police s’intéresse à deux documents en particulier.

Le premier concerne une correspondance signée par le secrétaire permanent du ministère de la Santé sur l’importation des médicaments par Hyperpharm, dudit document qu’avait brandi le leader de l’opposition, Arvin Boolell, à l’Assemblée nationale le 16 juin pour sa Private Notice Question (PNQ).

Le deuxième document concerne celui déposé par le député travailliste Eshan Juman à l’ICAC par rapport aux prix proposés par certains soumissionnaires sur l’achat des médicaments. La police souhaite savoir comment ces documents ont pu se trouver entre les mains des tierces personnes. Or, la tâche du CCID est « compliquée », car certains documents sont photocopiés et gardés dans des “files” vu que le système au ministère de la Santé n’est pas complètement informatisé. Et donc, la liste des potentiels suspects est « vaste ». À ce stade, la police n’a pas encore confirmé si des parlementaires de l’opposition seront appelés au CCID pour interrogatoire.

De son côté, le patron du CCID, Hemant Jangi, a déclaré : « Finn ena enn deklarasion ki ena fuit informasion o minister Lasante. Suivan sa deklaration-la, lapolis finn kestionn plizir manb personel minister Lasante. Azordi (mercredi, ndlr) nou’nn “secure” bann “computer”. » Il a ajouté qu’il n’y aura pas d’arrestation dans l’immédiat, car « bizin gete ki prev ena ladan (ordinateur, ndlr), lerla nou pou deside ».

Il dit de plus qu’il y a un « possible delit de “breach of confidentiality” » ou encore de “conspiracy” dans cette affaire. À noter que c’est un haut cadre du ministère de la Santé qui a porté plainte au CCID la semaine dernière, en soutenant que les informations sur les documents qui ont fuité, « ne sont pas complètes » et « peuvent prêter à confusion auprès du public ».