L’année se termine avec le dossier Angus Road “alive“ encore en suspens à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC). Et cela depuis 2008. Après les dénonciations de zones d’ombre du leader du Reform Party, Roshi Bhadain, sur l’acquisition immobilières à coup de Rs 27 millions, l’ICAC semble avoir été pris de court sur ce dossier classé, notamment sur les maldonnes alléguées, dont le paiement de Rs 20 millions effectué par un dénommé Alan Govinden à l’un des directeurs de BASE, Patrick Rountree, en 2001, en Angleterre, pour s’approprier 7 023 mètres carrés à Angus Road.

L’acte notarié rédigé en 2008 indique que la vente de ce lot a été effectuée par BASE à Pravind Jugnauth et son épouse, Kobita, aux noms de leurs filles, mineures. On précise d’ailleurs que BASE a reçu et touché les Rs 20 millions des acquéreurs Jugnauth « hors de la vue du notaire ». Le leader de l’opposition, Arvin Boolell, a brandi des reçus étalés sur la place publique au nom de Pravind Jugnauth, indiquant que le leader du MSM a payé des sommes chiffrées entre Rs 500 000 et Rs 1 million pour une autre transaction et un autre terrain d’Angus Road, cette fois de 3 059 mètres carrés. L’on déplore dans ce cas que le Premier ministre ait enfreint les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act de 2002 en ce qui concerne les montants versés en cash.

Cependant, Pravind Jugnauth a affirmé s’être rendu à l’ICAC un mardi soir pour donner sa version des faits. Sauf qu’à l’issue des explications qu’il a fournies à l’ICAC, un document officiel d’arpentage – qui porte les signatures de Pravind et Kobita Jugnauth, et datant de juin 2004 – est venu s’ajouter à la controverse. L’ICAC a officiellement communiqué que deux enquêtes sont arrivées au stade de “Further Inquiry”.

Bien que Navin Beekarry se la joue discret, il est fort probable que tôt ou tard, en 2021, ce dossier, hautement suivi par la classe politique, devra remis entre les mains du Directeur des Poursuites Publiques, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel.