Casimir et lui réfutent l’accusation d’avoir organisé l’importation d’héroïne de Madagascar

Rudolf Dereck Jean Jacques et Bruno Wesley Casimir sont désormais poursuivis devant le juge Lutchmeeparsad Aujayeb aux Assises. L’audition des témoins pour ce quatrième procès a débuté hier et se poursuivra tout au long de la semaine. Les deux hommes ont plaidé non coupables de l’organisation de l’importation d’héroïne à Maurice entre octobre 2011 et juin 2012. Après l’exclusion de Seewoosing Dayal, plus connu comme Ashish, en tant que témoin vedette, c’est désormais le témoignage de Hayeshan Maudarbaccus, ex-steward sur le Mauritius Trochetia, qui est attendu dans ce nouveau procès.

Les premiers témoins ont été appelés à la barre lors du démarrage du nouveau procès intenté à Gro Derek et son présumé complice, le skipper Wesley Casimir, devant le juge Lutchmeeparsad Aujayeb aux Assises. Le premier appelé fut le Principal Court Officer, Prithviraj Choytun. Ce dernier a été appelé à produire les pièces à conviction, notamment deux bouteilles en plastique, un appareil GPS et des bâtons fluorescents. La défense avait, dans un premier temps, objecté à la production des deux bouteilles car saisies en présence d’un témoin, qui ne figure plus sur la liste des témoins qui seront appelés lors du procès. Et de faire ainsi état d’une démarche qui portera préjudice aux deux accusés.

Pour sa part, Me Deepak Rutnah s’est fait sermonner par le juge du fait d’avancer qu’il n’était pas prêt pour débattre sur le sujet : «  The trial has started and you made an objection and you say you are not prepared ? This is not serious ! ». L’avocat a alors bénéficié d’un peu de temps pour se préparer. Toutefois, les avocats de la défense et de la poursuite se sont entendus pour soulever des objections plus tard, préférant attendre les réponses des témoins.

Le constable François, prochain témoin appelé à la barre, avait, lui, pris des photographies à bord du Mauritius Trochetia, le 29 août 2012, au cours de l’enquête qui a mené au démantèlement du réseau Gro Derek. Le Caporal Loganaden Calkee avait de son côté pris des clichés à Pointe-Maurice, Trou-d’Eau-Douce, où de l’argent qui proviendrait de transactions illicites avait été saisi. Le constable Samy, posté à l’ADSU de Plaine-Verte lors de l’enquête en 2012, était celui qui avait mené une battue au New Trunk Road, Grand-Baie – là où les bouteilles de plastique qui contenaient de la drogue furent saisies. Le témoin Maudarbaccus, confronté à ces bouteilles à l’époque, avait répondu : « Li resanble bann boutey ki ti amenn eroinn la ».

 

Parade d’identification positive

Le constable Dassagne, affecté à l’ADSU de Plaine-Verte, faisait partie de l’équipe qui avait fait une perquisition au domicile de Wesley Casimir à Batterie-Cassée, Roche-Bois, le 4 août 2012. Là-bas, un appareil GPS avait été saisi. Me Alvin Juwaheer, avocat de Casimir, devait toutefois faire la remarque qu’un appareil GPS n’est pas un article illégal et de rappeler aussi que son client est un pêcheur. L’inspecteur Lepois est celui qui avait permis une parade d’identification le 27 août 2012 au bureau de l’ADSU, lors de laquelle Hayeshan Maudarbacus avait positivement identifié Gro Derek comme celui qui lui avait donné des instructions pour importer de la drogue de Madagascar. L’Assistant surintendant de police Dussoye était quant à lui celui qui avait mis en place une parade d’identification à la prison de Beau-Bassin, le 7 avril 2013. Lors de cette parade, Hayeshan Maudarbacus avait positivement identifié Wesley Casimir comme un des protagonistes dans cette importation de drogue. Par ailleurs, Mes Deepak Rutnah et Alvin Juwaheer, qui défendent Gro Derek et Casimir respectivement, réclamaient plus de précisions sur la date et l’heure dudit délit, soutenant que l’acte d’accusation était trop vague. Il est reproché aux deux accusés d’avoir, entre octobre 2011 et juin 2012, sur le parking du KFC de Flacq et à Batterie-Cassée, Roche-Bois, organisé l’importation de drogue à Maurice. Pour sa part, Me Roshan Santokee, avocat de la poursuite, a soutenu que ce laps de temps démontre convenablement le délit commis à cette période et que cela ne portera pas préjudice à la défense, en plus d’être l’information obtenue de la police.