Les employés de l’Imprimerie du gouvernement sont en rogne. A l’origine de leur mécontentent : l’installation de 135 caméras de surveillance, dont 105 à l’intérieur de l’immeuble. Une démarche perçue comme une intrusion dans leur lieu  au travail, voire une forme de harcèlement. Mais la direction de l’Imprimerie du gouvernement ne voit pas les choses de la même façon, expliquant que cet équipement a été installé pour éviter les cas de vols. Elle ajoute que des cas d’altercations entre employés et de consommation d’alcool sur le lieu de travail ont été également rapportés.

Mécontents des raisons avancées par la direction, les employés ont constitué un front commun constitué avec la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) et la Government Services Employees Association (GSEA).  Le président de la FCSOU, Narendranath Gopee, Richard Taleck et Richard Laverdure, respectivement président de la Government Printing Workers Union et président de la Government Printing Branch GSEA, affirment que ces caméras ont été installées à leur insu, et donc sans consultations préalables.

Les syndicalistes envisagent plusieurs actions, dont une manifestation devant l’immeuble abritant l’Imprimerie du gouvernement. Ils envisagent également de demander à la Cour suprême d’émettre une injonction contre la décision de l’Imprimerie du gouvernement d’installer autant de caméras dans le bâtiment. « La fédération n’est pas contre l’utilisation des caméras de surveillance. Mais on se pose beaucoup de questions en ce qui concerne l’utilité de ces 135 caméras », déclare Narendranath Gopee.

Il poursuit : « des informations non vérifiées nous disent que le coût de l’installation  de ces caméras serait de l’ordre de Rs 23 millions. Qui a décroché ce contrat ? » Le syndicaliste devait aussi affirmer que des discussions officieuses se sont déjà tenues dans le passé concernant l’endroit où ces caméras seraient installées. « A chaque fois, les dirigeants syndicaux ont exprimé leur désaccord par rapport à l’utilisation de ces caméras. Il y a eu par la suite des discussions entre l’Imprimerie du gouvernement et le Prime Minister’s Office » dit-il.

Intervenant à son tour, Richard Taleck a rappelé que « l’Imprimerie du GM existe depuis des siècles et  a toujours protégé les secrets d’Etat ». D’où sa question : « Pourquoi maintenant faut-il qu’une caméra soit braquée derrière chaque personne ? Je ne sais pas si la prison de haute sécurité de Melrose en a autant. Nous avons eu une réunion le 21 juin de cette année, où une cadre du PMO était présente. Elle avait prévenu l’Imprimerie du gouvernement qu’il fallait installer les caméras en consultation avec les employés. »

Richard L’Averdure  dit être totalement contre  l’installation de ces caméras sur le lieu de travail. « Pa kapav met kamera pou vey dimounn travay enn lazourne », a-t-il dit. « Il n’est pas logique que la direction de l’Imprimerie du gouvernement ait décidé de fermer la porte aux négociations avec les syndicats. Nous allons déclencher plusieurs actions syndicales », a-t-il prévenu.