Anna Béatrice Castel, arrêtée mercredi, est soupçonnée d’être le pion important d’un réseau de trafic de drogue dans cette partie de la capitale

L’enquête sur le meurtre de Jean Desveaux Augustin (56 ans) dans la nuit du 10 au 11 juin pourrait indirectement déboucher sur le démantèlement d’un réseau de drogue opérant dans un faubourg de la capitale. Après l’arrestation de Marie Élodie Desirella Paul (22 ans) la semaine dernière, la Major Crime Investigation Team (MCIT) a appréhendé Marie Critajane Anna Béatrice Castel, mercredi, et l’a inculpée sous une accusation provisoire de meurtre le même jour au tribunal de Port-Louis. La police soupçonne les deux femmes d’être les cerveaux derrière l’enlèvement et le lynchage de la victime. En plus, elles contrôleraient d’une main de fer un réseau, composé exclusivement d’hommes qui écoulent de la drogue dans les régions de Batterie-Cassée/Karo-Kalyptis.

Elles opèrent sur la base des directives d’un trafiquant notoire actuellement en prison. Elles avaient pour mission de faire exécuter les ordres par les membres du réseau, assurent le contrôle de la marchandise et la collecte des recettes générées par le trafic de drogue au détail.

D’ailleurs, Élodie Paul, dit Matifi, est parentée avec Toto Bhadoodeenkhan, arrêté en octobre 2017 après neuf mois de cavale alors qu’il était recherché par la police après la saisie de Rs 30 millions de Subutex. La police a appris qu’une dizaine de personnes seraient impliquées dans ce cas de meurtre.

Jean Desveaux Augustin, originaire de Rodrigues, travaillait comme transporteur de drogue au sein de ce réseau. Il devait rendre les comptes de toutes ses activités au duo Matifi/Béatrice Castel. Le trafiquant en prison avait demandé que la victime écoule une certaine quantité de drogue. Sauf que Jean Desveaux Augustin n’aurait pas remis toute la totalité des recettes de vente à Christian Bienvenue Ngouaafno, un étudiant camerounais qui était en charge de l’équipe de transporteurs au sein de ce réseau. Ce dernier a remis l’argent à Matifi.

La police estime que le quinquagénaire aurait tenté un coup de poker en gardant près de Rs 1,7 million car il soupçonnait que les deux femmes étaient encore des amateurs dans le giron. En parlant avec le trafiquant en prison, Matifi a compris que Jean Desveaux Augustin l’avait volé. Elle a alors donné des instructions aux membres du réseau pour conduire ce dernier dans une maison, anciennement occupée par le trafiquant en prison.
Pour ne pas éveiller les soupçons dans le voisinage, Élodie Paul a fait croire qu’une fête se déroulait sur place en mettant de la musique pour masquer les cris de Jean Desveaux Augustin qui se faisait torturer. Au moins trois suspects arrêtés par la police ont confirmé cette version en début de semaine, tout en identifiant Matifi comme étant celle qui leur a ordonné de lyncher la victime.

Mais Elodie Paul nie toujours les faits, tout comme Béatrice Castel qui affirme n’avoir aucune implication dans ce meurtre. La MCIT n’écarte pas d’autres arrestations dans cette affaire alors que le trafiquant en prison sera le dernier suspect qui sera entendu.
À noter que Jean Desveaux Augustin avait été séquestré et lynché dans la nuit du 10 au 11 juin. C’est aux petites heures qu’une équipe de l’ADSU avait reçu un appel anonyme et l’a secouru. Mais il avait rendu l’âme quelques heures après son admission à l’hôpital Jeetoo. L’autopsie a attribué son décès à un « hemorhagic shock due to multiples contusions ».