Sarojini Ramsamy, âgée de 56 ans, suivant des traitements de dialyse, décédée à l’hôpital de Souillac après infection à la COVID-19

Hem Soodine, son neveu : « C’est lorsqu’elle était en quarantaine qu’elle a commencé à avoir des difficultés »

Guillaine Rateau, conseillère du village de Tyack : « On ne peut envoyer des personnes comme à l’abattoir, sans le soutien de leurs proches »

La colère se mêle à la tristesse chez la famille Ramsamy, à Tyack, après le décès de Sarojini, patiente dialysée de 56 ans, à l’hôpital de Souillac. Les proches dénoncent le « mauvais traitement » et disent avoir déjà alerté les médias à ce sujet et ce, en plusieurs occasions. Testée positive à la COVID-19 à son 19e jour de quarantaine, Sarojini Ramsamy, affectueusement surnommée Fidou, n’a pas survécu aux complications. Sa famille dénonce également les conditions dans lesquelles se font les séances de dialyse actuellement.

Cela faisait 13 ans que Sarojini Ramsamy était sous traitement de dialyse. Elle n’avait jamais eu de problèmes jusqu’ici. D’ailleurs, quand elle est partie pour la quarantaine le 26 mars dernier, elle se portait bien. Hem Soodine, son neveu, raconte : « C’est lorsqu’elle était en quarantaine qu’elle a commencé à avoir des difficultés. D’abord, la nourriture n’était pas adaptée et nous avons dénoncé cela à plusieurs reprises dans les médias. Ensuite, elle était seule, alors que d’habitude, elle est très encadrée. Son époux, Krishna, l’accompagnait dans ses traitements et veillait sur elle. »

Au 15e jour de quarantaine, raconte encore le neveu de Sarojini Ramsamy, cette dernière avait des douleurs à la poitrine et a été conduite à l’hôpital de Rose-Belle. Elle est retournée à l’hôtel Tamassa le lendemain. Ses proches soupçonnent que c’est à l’hôpital de Rose-Belle qu’elle a été infectée. « Sinon comment expliquer qu’elle était négative après 14 jours ? Ce n’est qu’au 19e jour qu’elle a été testée positive. Donc, forcément, quand elle a quitté la maison, elle était négative. »

La santé de la patiente s’est dégradée dès le lendemain et elle a eu la diarrhée. « Elle nous a téléphoné pour nous dire qu’on ne lui avait prodigué aucun soin pour traiter cela et, une fois de plus, nous avons dû avoir recours aux médias pour qu’on s’occupe d’elle. » Avec d’autres complications deux jours après, elle a été conduite à l’hôpital ENT pour un scan. « Elle devait faire son scan à 13h, mais c’est finalement à 20h qu’elle a pu le faire. Elle est retournée à Souillac vers 22h et c’est à ce moment-là qu’elle est allée faire sa dialyse. Elle n’avait rien mangé de la journée. »

C’est à partir de là, poursuit Hem Soodine, que son état s’est détérioré. « Elle a passé quatre jours aux soins intensifs. Ensuite, elle se portait mieux. Le médecin nous a fait dire d’apporter à manger pour elle, mais sur place, les infirmiers ont refusé de prendre le repas. Nous sommes repartis à la maison pour revenir à l’hôpital plus tard, où on a finalement accepté le repas. Elle allait mieux, mais deux jours après, elle est retournée aux soins intensifs. Entre-temps, ses séances de dialyse étaient On and Off. »

Lundi dernier, la famille a appris que Sarojini Ramsamy avait été placée sous respiration artificielle. Le lendemain, son état s’était encore détérioré. Elle est décédée mercredi matin. Ses proches se disent bouleversés par ce départ et révoltés par les conditions dans lesquelles elle a passé ses derniers jours. « Nous avons eu beaucoup de soutien, notamment de la part du groupe Awareness de Tyack, des conseillers du village et des voisins. Son époux et ses deux fils étaient toujours là pour elle. »

Guillaine Rateau, conseillère du village, justement, trouve inacceptable la façon dont les patients dialysés ont été traités. « Madame Ramsamy a un époux exemplaire qui a toujours été présent pour son épouse. Cela me fait de la peine de le voir autant souffrir aujourd’hui. Je fais un appel au gouvernement pour trouver une solution pour ces malades. On ne peut envoyer des personnes comme à l’abattoir, sans le soutien de leurs proches. »

Avec ce nouveau décès, les autres patients dialysés de Souillac sont inquiets quant à leur sort. « Pe pran mem prekosion, lotorite pe dir tou korek me nou bann kamarad pe ale enn par enn. Aster pe tande ena inn pozitif apre si pa komie zour karantenn. Nou nepli kone ki pou arive. Tou seki kapav swete, se ki bondie protez nou se tou », laisse entendre un patient de Souillac, qui est rongé par l’angoisse. Il se demande d’ailleurs « si avek 11 mor nou ankor an sekirite dan sa lopital-la ». Avec le nouveau cas recensé, la peur gagne aussi le personnel médical qui y est en poste. « Nou nepli konpran. Ala regagn nouvo ka. Deza nou osi nou fek al karantenn. Be komie kou nou pou bizin kit nou fami ankor la ? » s’interroge un Nursing Officer, qui concède que la situation à l’hôpital de Souillac devient « psychologiquement infernale ».

D’autre part, le nouveau cas de la COVID-19 recensé au New Souillac Hospital donnerait du fil à retordre aux autorités sanitaires, car il s’agit d’une personne qui était dans la communauté pendant au moins trois jours. Il s’agit d’une patiente sous dialyse à l’hôpital de Souillac et habitant la région de Baie-du-Cap. Selon les sources concordantes, la jeune femme, âgée de 36 ans, avait été en quarantaine pendant des semaines, depuis le 26 mars dernier, date de la première contamination dépistée dans cet établissement hospitalier du sud de l’île. On affirme que, pendant sa période de quarantaine, la principale concernée a été testée négative lors de ses multiples tests PCR. Les responsables de la gestion de l’hôpital de Souillac ont ainsi décidé de la laisser rentrer chez elle samedi dernier avec tout le groupe en quarantaine à l’hôtel Tamassa.

Toutefois, la joie de cette jeune mère de famille de pouvoir être aux côtés de ses proches a été de très courte durée. Ayant été à l’hôpital de Souillac dans le courant de la matinée de mardi pour les besoins de sa dialyse, elle a dû effectuer un nouveau test PCR. On lui a ainsi communiqué, dans la soirée de mardi, que son test de la COVID-19 s’est révélé positif et qu’elle devait être admise au centre de traitement. Dans les milieux proches de cette patiente, on affirme que, depuis qu’elle est rentrée chez elle samedi soir à Baie-du-Cap, la jeune femme est restée la plupart du temps chez elle jusqu’à son rendez-vous à l’hôpital de Souillac mardi matin. Un exercice de Contact Tracing a été entamé pour quadriller et mettre en quarantaine tous ceux qui ont été en contact avec la trentenaire durant le week-end écoulé et lundi.