Le DPP réclame une enquête sur l’opération à Cité Ste-Claire, John Brant Vivien étant « lake » par l’ADSU avec supposément Rs 1,3 M de drogue saisies

La supervision en hélicoptère de cette descente par le DCP Bhojoo au cœur de cette énigme policière

Les premiers jours du nouveau commissaire de police, Khemraj Servansingh, s’annoncent mouvementés. C’est un véritable coup de tonnerre au QG de l’Anti-Drug Smuggling Unit (ADSU), sous la supervision du Deputy Commissioner of Police, le DCP Choolun Bhojoo, se retrouvant dans une délicate situation. Des accusations portant sur un cas de complot en vue de « lake » le dénommé John Brant Vivien, alias John Brown, lors d’une opération policière à Cité Ste-Claire le 29 avril, avec la supposée saisie de drogue d’une valeur marchande de Rs 1,3 million, ont fait réagir l’Office of the Director of Public Prosecutions. Les conséquences de cette affaire agitent les Police Headquarters car la question, qui demande à être élucidée, concerne la source de cette importante quantité de drogue en possession de l’ADSU. Il est accepté que cette importante quantité de stupéfiants ne se trouvait pas chez le suspect mais en possession de l’ADSU.
Devant ces révélations accablantes sur ces nouvelles méthodes de l’ADSU, dont le démantèlement avait été recommandé par la commission d’enquête Lam Shang Lee, le suspect a été remis en liberté provisoire, jeudi. Techniquement, avec cette importante quantité de drogue, tout suspect est déféré aux Assises. Qui plus est, selon les recoupements d’informations la drogue saisie n’avait pas encore, en fin de semaine, était envoyée au Forensic Science Laboratory à des fins d’analyses aux termes des procédures établies. Pour les besoins de cette enquête, l’Office of the DPP a exigé une version de l’enregistrement, qui a dévoilé la ce qui serait une mise en scène de l’ADSU pour incriminer ce suspect sous la Dangerous Drugs Act.

Le principal intéressé, fiché pour trafic de drogue depuis 2015, a été tout simplement relâché sous caution jeudi au tribunal de Rivière-du-Rempart, Me Geetika Rampoortab, la représentante du State Law Office (SLO), n’ayant pas objecté à sa remise en liberté conditionnelle. Mais le représentant du Directeur des poursuites publiques (DPP) a demandé l’ouverture d’une enquête sur cette opération de l’ADSU à Cité Sainte-Claire. En effet, ce revirement de situation, qui tend à mettre l’ADSU en délicate posture, est intervenu avec l’allégation de « parsel mazik » de Rs 1,3 million de drogues, notamment 69,9 grammes d’héroïne et 69,9 grammes de « synthé », saisis chez John Brant Vivien. Ce dernier a réclamé par le truchement de ses hommes de loi, Mes Gavin Glover SC et Shailesh Seebaruth, que l’équipe de l’ADSU chargée de son arrestation soit changée et cette demande a été agréée. Le suspect a depuis son arrestation nié que les drogues lui appartiennent.

Prenant en compte la gravité des allégations formulées par le trentenaire de Goodlands, le nouveau responsable de l’enquête, le Detective Inspector Doss, a sollicité les directives du Bureau du DPP pour la marche à suivre. D’ailleurs, en se basant sur les images des caméras CCTV de John Brant Vivien et chez un de ses voisins à Cité Sainte-Claire, les officiers de l’Information and Technology Unit de la police ont noté des disparités dans le rapport fourni par l’ADSU de l’Eastern Division, avec notamment l’équipe du Detective Inspector Sevanandee sur le terrain ce jour-là.

« L’opération John Brown » aurait aussi été supervisée en personne par le No 1 de l’ADSU, le DCP Choolun Bhojoo, coordonnant les manœuvres sur l’Allée Petinias depuis un hélicoptère qui survolait la région. C’est aussi très rare de voir sa participation personnelle dans une descente de l’ADSU sur le terrain.

Par ailleurs, on a appris que c’est un sergent qui a eu pour tâche d’entrer chez celui qui est aussi connu comme « John Brown » ou « Al Capone » pour effectuer la fouille, assistée des éléments du Marcoss. L’OB 1960/2020 de cette opération de l’ADSU indique que le trentenaire a été arrêté devant sa maison alors qu’il était en possession de drogue. Or, les images en possession de l’IT Unit montrent que le trentenaire est sorti de sa maison à l’arrivée des policiers avec seulement un téléphone portable à la main. Un des enquêteurs a alors attrapé sa main pour éviter qu’il agresse les policiers. Les images CCTV ne montreraient pas que les différentes drogues ont été retrouvées en sa possession contrairement à ce qui est rapporté par l’ADSU.

Pour l’heure, la thèse que les caméras pourraient ne pas avoir tout enregistré serait la seule explication fournie. Dans le camp de John Brant Vivien, on affirme que les dires du principal intéressé corroboreraient les images CCTV et contredisent la version du rapport de l’ADSU. « Kot kapav gayn otan ladrog, otan sintetik pou fer mazik? » laisse-t-on entendre en soulignant que cette opération a été contrôlée et supervisée par hélicoptère. Au cours de l’opération du 29 avril à Cité Sainte-Claire, deux autres personnes avaient également été arrêtées, dont Jean-Noël Pascal Juliette (39 ans). Chez ce chômeur, la police a déclaré avoir saisi 107 doses d’héroïne (23,49 g), une somme de Rs 13 475, des papiers en aluminium, une paire de ciseaux et deux rouleaux de ruban adhésif. La drogue est évaluée à Rs 352 350. Tandis que chez son frère, Nicholas Josian Antonio Juliette (41 ans), l’ADSU dit avoir mis la main sur un sachet en plastique contenant 23,04 grammes d’héroïne, 41 doses de cette même drogue pesant 4,09 grammes, 109 doses de drogue synthétique et une somme de Rs 2 300. La valeur de la drogue est estimée à Rs 458 000. Ils clament, eux aussi, leur innocence dans cette affaire.

Par ailleurs, les proches de John Brant Vivien auraient déjà saisi l’Independent Police Complaints Commission pour dénoncer cette opération de l’ADSU et demandent une enquête sur cette opération de la brigade anti-drogue. Aux Casernes Centrales, l’on ne veut pas pour l’heure commenter les dessous de cette affaire, préférant attendre les directives claires du revenant Heman Jangi à la tête du CCID.

Affaire à suivre…