Nouvelle fouille dans le verger de litchis à la recherche du cadavre d’une femme résidant dans le Nord

La Major Crime Investigation Team (MCIT) soupçonne le présumé psychopathe Umyad Ebrahim (37 ans), gardien d’un verger de litchis, d’avoir séquestré ses victimes dans la petite maison où il logeait, en plein milieu d’un champ de cannes à Mare-D’Albert, à deux kilomètres des habitations les plus proches. Aux enquêteurs, le suspect a dit avoir eu une liaison avec Zaheera Ramputh et Hema Coonjoobeharry, toutes deux âgées de 40 ans. La première nommée serait partie vivre avec Umyad Ebrahim le 18 décembre de l’année dernière.

Depuis cette date, cette habitante de Vallée-Pitot, qui vivait jusque-là en concubinage avec un vigile de Vallée-des-Prêtres, n’avait cependant plus donné signe de vie. De temps en temps, ses proches l’appelaient sur son cellulaire, mais soit c’était le suspect qui répondait, soit ils n’obtenaient en guise de réponse que des messages, lesquels étaient en réalité envoyés par le suspect. Aussi la police est d’avis que Zaheera Ramputh était probablement séquestrée dans cette maison. Ce que confirment les rares personnes habitant la région et qui connaissent le trentenaire, et qui affirment avoir rarement vu la quadragénaire.

Aux enquêteurs, Umyad Ebrahim a affirmé que la victime s’est « suicidée » durant la deuxième semaine de janvier. Ce que ne peut prouver l’autopsie, qui n’a pu déterminer la cause du décès du fait de l’état de décomposition du cadavre. La MCIT envisage la possibilité que cette version soit exacte. Les enquêteurs soupçonnent en effet que Zaheera Ramputh était victime de maltraitance et qu’étant retenue captive dans une maison délabrée et sans assistance, elle aurait pu commettre l’irréparable.

Concernant Hema Coonjoobeharry, la police a retrouvé son acte de naissance et son passeport dans le verger samedi. Umyad Ebrahim lui avait promis d’entamer des démarches pour que tous deux se rendent au Canada. Aussi avait-elle quitté sa maison, à Bambous, le 10 mai dernier. D’après le suspect, il lui aurait alors demandé de rentrer chez elle, ajoutant qu’elle aurait refusé. Après quoi une dispute aurait éclaté, au cours de laquelle le trentenaire l’aurait étouffée.

De son côté, la police est d’un avis contraire, soupçonnant ainsi que ce serait exactement l’inverse qui se serait produit. Hema Coonjoobeharry, estiment les enquêteurs, serait ainsi tombée des nues en constatant les conditions déplorables dans lesquelles vivait l’homme qui lui avait promis de l’emmener au Canada. D’après leur hypothèse, la jeune femme aurait voulu rentrer chez elle et le trentenaire l’en aurait empêchée en l’étouffant. L’autopsie a d’ailleurs attribué son décès à un « smothering ».

La MCIT cherche désormais à savoir dans quelles conditions la victime est décédée et si elle était attachée, car elle ne se serait pas débattue lorsque le suspect l’a étouffée. En outre, l’absence de résidus de peau au niveau des ongles de la victime ainsi que de traces de griffures sur le corps du suspect pousse les enquêteurs à évoquer la possibilité d’une séquestration.

Par ailleurs, des éléments de la MCIT et de la SMF se sont rendus dans le verger de Mare-D’Albert, où ils ont passé le terrain au peigne fin jusqu’en début de soirée, en vain. En outre, la possibilité d’y trouver un troisième cadavre a été évoquée à un moment donné hier, et ce, en lien avec la disparition d’une femme de la même tranche d’âge que les deux victimes. Ce que dément le suspect, qui dit n’avoir enterré que Zaheera Ramputh et Hema Coonjoobeharry. A noter enfin que le trentenaire est passé devant un board médical en présence d’un médecin de la police. Objectif : faire un bilan de ses facultés mentales, et dont les conclusions seront remises sous peu à la MCIT.