L’ex-Commissaire de police Mario Nobin a été interrogé pendant quatre heures au Central CID, mercredi, sur l’octroi d’un passeport au trafiquant de drogue Mike Brasse. Il a répondu à une trentaine de questions.

« Mo pa konn Mike Brasse personelma », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’à sa connaissance les procédures ont été suivies pour l’octroi d’un passeport. « J’ai suivi les recommandations du Divisional Commander l’ACP Vinod Domah qui a fait un rapport sur Mike Brasse. »

Le commissaire des prisons a donné des détails sur les procédures en ce qui concerne les “lost and stolen passports” et il a insisté qu’il n’est pas intervenu dans cette affaire car il avait référé le cas à la Northern Division. Il a dit n’avoir jamais interféré dans le travail de ses subalternes.

Après la rédaction du rapport par l’ACP Domah, selon Mario Nobin, il l’a expédié au Passport and Immigration Office (PIO) sans donner une instruction quelconque. Il a confirmé avoir envoyé une correspondance le 13 septembre 2016 où il a instruit « for necessary actions as per estabished protocol », et il a une nouvelle fois pointé sur le mot “protocol” pour prouver sa bonne foi.

Justement, l’ex-CP Nobin sera confronté à la déposition du responsable du PIO aujourd’hui, surtout en ce qui concerne des appels téléphoniques du Police Headquarter. L’ASP Boodram a déclaré dans sa version que Mario Nobin lui aurait dit : « Monn dir li vinn laba (PIO). Fer li gagn so paspor. » Le responsable du PIO n’était pas totalement satisfait de la raison évoquée par Mike Brasse pour se rendre à l’île de La Réunion et prendre son bateau en réparation, L’Îlot Gabriel.

Pour l’ASP Boodram, cette raison n’était pas considérée « comme urgente », dressant un parallèle avec des cas où des demandeurs de passeport doivent se rendre à l’étranger pour des traitements médicaux. Néanmoins, il a remis un “restrictive passport” à Mike Brasse et dit l’avoir fait car c’est son supérieur qui lui avait donné les instructions. Mario Nobin devra aussi donner des explications sur la raison derrière la mutation de l’ASP Boodram à la Southern Division l’année dernière et des explications sur la restitution de son portable sur lequel le responsable du PIO dit avoir reçu des ordres de Mario Nobin.

Au CCID, on avance que ce n’est qu’à la fin de l’interrogatoire “under warning” de Mario Nobin qu’une décision sera prise sur son sort, après consultation avec le Directeur des poursuites publiques. Pour la journée de jeudi, les enquêteurs ont prévu d’adresser plus d’une cinquantaine de questions au commissaire des prisons dont la majorité est liée à la déposition de l’ASP Boodram. Selon une source proche du dossier, il est fort probable que l’interrogatoire de Mario Nobin prenne fin cet après-midi.