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La juge Johan Moutou-Leckning a infligé à Jonathan Pierre-Louis une peine de 30 ans de prison pour le meurtre de Marie Cindy Frizila Foolchund, tuée sauvagement après qu’ils aient eu un rapport sexuel dans un buisson derrière l’école hôtelière SGD, à Ébène. La juge a évoqué ici le terme « féminicide », pour un cas qui ne mérite pas la clémence de la cour, dit-elle, et ce, malgré le fait que l’accusé ait plaidé coupable à la première occasion et ait coopéré avec la police.

Du fait de ce crime odieux, Jonathan Pierre-Louis laisse trois enfants orphelins de leur mère. Marie Cindy Frizila Foolchund avait en effet trois enfants, mineurs lorsqu’elle a été tuée par son amant, avec qui elle entretenait une relation amoureuse depuis un an. Jonathan Pierre-Louis était lui aussi marié, mais avait invité à plusieurs reprises la victime chez lui, à Bambous. Quant aux faits, ils remontent au 27 février 2018.
Ce jour-là, une dispute a éclaté quand Cindy Foolchund a refusé de venir rencontrer son amant à Bambous. Tous deux s’étaient également disputés pour une histoire de robe, que l’accusé était réticent à acheter. Ce dernier, dans un accès de colère, avait alors cassé son téléphone portable en le projetant sur le sol. Les amants devaient toutefois décider de se rencontrer à Ébène, où ils ont eu des relations sexuelles dans un buisson, juste derrière l’école hôtelière.

Mais une nouvelle dispute a alors éclaté relative à l’excès de colère du jeune homme. Puis ce dernier a commencé à donner des coups de poing au visage de la victime. Après quoi il s’est emparé d’un bout de bois, avec lequel il a continué à s’acharner sur la jeune femme, qui l’implorait d’arrêter. Mais le jeune homme a continué à donner des coups au visage et à l’estomac de la victime, qui était au sol. Avant de se saisir d’un parpaing et, de ses deux mains, le projeter sur le corps de la jeune femme. Avant de prendre ensuite la fuite, laissant la victime agoniser.

Selon le rapport d’autopsie du médecin légiste, le Dr Maxwell Monvoisin, la victime avait de nombreuses blessures internes et externes à l’abdomen, à la tête, au cou et au thorax. La cause du décès a été attribuée à une “compression of the neck”. Lors du procès, Jonathan Pierre-Louis avait expliqué avoir agi dans un excès de colère, car étant jaloux et possessif.
La juge Johan Moutou-Leckning, bien que prenant en considération les facteurs atténuants en faveur de l’accusé – notamment son âge, qu’il ait reconnu sa culpabilité ou encore qu’il ait coopéré avec la police, avec des aveux filmés –, a toutefois précisé que la cour ne pouvait se montrer clémente. Et de dire qu’il s’agit d’un « féminicide », soit un crime de haine commis envers une femme, et qui mérite une sanction sévère, en plus de l’agression atroce qu’elle a subie.

« Violence which is directed against a woman because she is a woman is the most outrageous crime one can conceive. It is the duty of our courts therefore to send a strong signal to those misogynous killing of women by men motivated by hatred, pleasure, contempt or a sense of ownership over women », dit-elle. Raison pour laquelle l’accusé devra purger 30 ans de prison.