C’est sur un terrain en friche que Sachin Teeree s’est débarrassé du corps de l’enfant

Première journée d’audience chargée pour le juge Lutchmyparsad Aujayeb aux Assises dans le cadre du procès intenté à Sachin Tetree, 39 ans, pour le meurtre de Ritesh Gobin, 11 ans, égorgé le 20 octobre 2018 à Gros-Cailloux. Le juge a eu, dans un premier temps, à trancher sur une motion de la défense pour que le jury se retire, du fait que les membres auraient été influencés par le discours d’entrée « incendiaire et émotif » de Me Azam Neerooa, qui représente la poursuite. Ensuite, des arrangements ont été faits pour visionner la vidéo de l’exercice de reconstitution des faits, où Sachin Tetree a expliqué comment il avait commis son crime.

La première audience, dans le procès intenté à Sachin Tetree, a d’abord été marquée par une motion de son avocat, Me Erickson Mooneeapillay, qui souhaitait le retrait du jury après avoir entendu le discours d’entrée du Senior Assistant DPP, Me Azam Neerooa, avant le début de l’audience. Me Mooneeapillay de soutenir que la poursuite « a empoisonné l’esprit du jury » en utilisant un langage « incendiaire et émotif », qui aurait attisé la sympathie du jury sur le sort du petit Ritesh Gobin. Et d’ajouter que son client demeure « innocent » avant d’être jugé par les Assises.

Me Azam Neerooa devait, lui, soutenir qu’il n’a fait qu’avancer les faits qu’il présentera en profondeur lors de son réquisitoire et qu’il a agi selon les paramètres de la loi en s’adressant au jury. Il a ajouté : « If evidence is such as to be a confession from the accused the prosecution cannot be blamed. » Et de rappeler que la responsabilité du jury reste de rendre un verdict et, de ce fait, rendre justice. Le juge Lutchymparsad Aujayeb devait dans son “ruling” rejeter la motion de la défense, en concluant : « It cannot be said that the opening speech is one meant to excite emotion on jury. There is no reason to believe that accused will not be afforded a fair trial. » C’est après ce “ruling” que les auditions ont pu démarrer devant les Assises.

Les éléments du Scene Of Crime Office (SOCO), soit la constable Puhalloo et le sergent Ramsamy, étaient les premiers à venir déposer, venus confirmer les photographies prises à Gros-Cailloux sur la scène du crime ainsi que les plans et mesures. Le sergent Ramsamy a, lui, confirmé qu’un cutter se trouvait près du cadavre du petit Ritesh Gobin sur le lieu du crime.

Aveux filmés

C’était ensuite au tour du constable Mootosamy d’être appelé à la barre des témoins. Il est celui qui a filmé l’exercice de reconstitution des faits en présence de l’accusé, soit deux jours après le drame. L’enregistrement stocké sur un DVD-R a été produit et visionné par les membres du jury et ceux présents dans la salle d’audience. Dans la première séquence, le Detective Inspector Rishinand Jugoo, de la MCIT, explique à l’accusé ses droits constitutionnels avant que l’exercice de reconstitution des faits ne démarre.

Dans la deuxième séquence, l’accusé vient montrer la boutique, où il a acheté du rhum et l’arme du crime, à savoir un cutter. Dans la troisième, Sachin Tetree explique où il a emmené les deux enfants, soit le champ de cannes, où il a égorgé la victime devant les yeux de sa soeur de huit ans. Dans la quatrième et dernière séquence, l’on peut entendre une foule hostile lançant des injures à l’accusé alors qu’il continuait à donner sa version des faits aux policiers. Contre-interrogé par Me Erickson Mooneeapillay, le constable Mootoosamy, face à une question du fait que cet exercice était « une mise en scène orchestrée par la police », a répondu par la négative, ajoutant que « tout a été fait selon les règlements » et que « l’accusé a été mis au courant de ses droits constitutionnels avant de participer à l’exercice de reconstitution des faits ». Le procès se poursuit avec l’audition des officiers de police affectés à l’enquête.

Ce jour fatidique du 20 octobre 2018, Sachin Tetree prenait un verre avec le père de la victime, étant bons amis et voisins. L’accusé devait par la suite décider d’aller acheter du rhum dans une boutique de la région et la victime et sa soeur l’ont accompagné. Toutefois, selon les aveux de l’accusé, il avait aussi acheté un cutter et avait en tête de « donner une correction » au petit Ritesh Gobin pour avoir « agacé » son fils à l’école deux ans de cela. Il avait alors pris un autre chemin et a emmené les enfants sur un terrain vague, où il aurait commis l’irréparable.