Veeshal Lolldharawo (42 ans), qui prétend être guérisseur, a été inculpé sous une accusation provisoire de blanchiment d’argent sous l’article 3 (1) de la Financial Intelligence Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) au tribunal de Pamplemousses jeudi.

Il a été libéré sous caution, l’Independent Commission against Corruption (Icac) n’y ayant en effet pas objecté. Cet habitant de Morcellement St-André avait reçu la visite de l’équipe de Navin Beekarry mardi, les enquêteurs ayant appris que beaucoup de personnes ayant des soucis personnels se tournaient vers le suspect. Ce dernier avait ainsi monté un véritable « commerce de “guérison” » en allant jusqu’à construire une salle de prières. Pour consulter Veeshal Lolldharawo, ses clients devaient d’ailleurs prendre rendez-vous. Et le jour venu, ils devaient alors patienter dans une salle d’attente pendant que le guérisseur « consultait » dans une pièce voisine. Bref, comme chez le médecin, bien que le tarif, ici, était souvent supérieur, soit un minimum de Rs 1 000, dépendant bien entendu de la nature du problème et du « travail » à effectuer pour « retirer le mauvais sort ». Après avoir passé les lieux au peigne fin, les enquêteurs ont récupéré un total de Rs 665 000 réparties dans cinq boîtes.

Selon Veeshal Lolldharawo, cet argent provient des paiements de ses clients. Argent qu’il n’a cependant pas déclaré à la Mauritius Revenue Authority (MRA). L’Icac a par ailleurs mis la main sur cinq agendas contenant les noms de personnes ayant payé le guérisseur, ainsi que leurs numéros de téléphone. Deux téléphones cellulaires du guérisseur ont d’ailleurs aussi été saisis. Interrogé au Reduit Triangle, le quadragénaire a avoué avoir commis un délit de blanchiment d’argent.

Le suspect avait déjà été inquiété par l’Adsu en septembre 2019. Lors d’une perquisition à son domicile, les policiers avaient à l’époque découvert Rs 800 000 et 2 310 euros, sommes que le quadragénaire avait dit provenir de ses plantations, car se disant alors cultivateur. Il avait fait face à une accusation provisoire de blanchiment d’argent.