La perte d’un enfant est ce qui peut arriver de pire à un parent. En perdre deux dans les mêmes conditions et circonstances est tout simplement invivable et inacceptable pour Stéphanie et Didier Nakeed. Si Stéphanie n’a pu assister physiquement – puisque toujours en convalescence à l’hôpital – aux obsèques de leur fils qu’ils ont prénommé, Kinsley, par contre c’est un Didier effondré et en colère qui a accompagné son bébé mort-né au cimetière Bois-Marchand hier. Un fils n’ayant pas vu le jour et qu’il n’a même pas eu le temps de prendre dans ses bras.

Émotion et recueillement, ainsi allait le ressenti de la dizaine de proches – confinement allégé oblige – qui s’étaient déplacés hier au cimetière Bois-Marchand pour soutenir un Didier désemparé et perdu dans ses chagrines pensées pour son épouse et son fils de douze ans qui ont longtemps attendu ce fils, voire ce frère qu’ils ne verront jamais. Un deuxième en moins de deux ans. Pourquoi est-ce que le malheur a frappé deux fois sa famille? Cette question tourmente Didier tant la vie peut être injuste parfois.
Criant à la négligence médicale, la famille Nakeed recherche désormais la lumière sur les circonstances exactes ayant mené à ce drame.

Pour rappel, lundi, Stéphanie Nakeed a accouché d’un bébé mort-né. Le bébé était déjà mort depuis 72 heures, leur a-t-on révélé. Or, alors que Stéphanie s’était rendue à l’hôpital le 14 juin pour pouvoir accoucher comme lui avait conseillé son gynécologue du privé ; un gynécologue de l’hôpital SSRN a, lui, renvoyé la jeune femme pour le 21 juin. Ce en lui disant que son bébé se portait bien.

Cependant, dit Didier Nakeed, lorsqu’il est parti préparer le corps de son petit Kinsley hier matin à l’hôpital, on lui a fait comprendre que son bébé avait une malformation. « Kan monn al sers mo bebe lopital, zot finn dir mwa mo bebe ti ena enn malformation dan so ledo. Me kan monn get mo bebe pa ti ena malformation, ni bos lor so ledo  », affirme le père Nakeed.

Didier et Stéphanie Nakeed ne comprennent ainsi pas comment un tel drame est survenu une nouvelle fois après le traumatisme vécu il y a deux ans, lors du deuxième accouchement de Stéphanie toujours à l’hôpital SSRN et entre les mains du même gynécologue. Après avoir porté plainte pour négligence médicale contre l’hôpital et le gynécologue concerné mardi à la police de l’hôpital SSRN de même qu’auprès du surintendant du centre hospitalier, Didier Nakeed sollicite l’aide de tout volontaire, avocats ou autres, qui pourront l’aider à faire justice et voir la lumière.

Me Anoop Goodary, qui a assisté à l’enterrement du petit Kinsley hier, a lui aussi lancé un appel en ce sens à ses confrères pour soutenir la famille Nakeed, qui n’a pas les moyens financiers, en vue d’obtenir justice et réparation.