L’enquête de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) s’oriente sur l’implication, directe ou indirecte, de policiers dans le trafic de drogue avec l’opération Super Cargo de 269 kg de drogue, d’une valeur marchande de Rs 3,7 Mds. Dimanche et lundi, les enquêteurs ont ainsi entendu un chef inspecteur de police de la Central Division et son épouse au quartier général de l’ADSU, et ce, après avoir appris qu’un de leurs véhicules aurait accompagné la Fiat rouge du constable Garry Joumont, dans lequel de la drogue aurait été dissimulée.

Ce haut gradé a toutefois nié toute implication dans cette affaire et avance que le véhicule, enregistré au nom de son épouse, a été loué à un client durant la dernière semaine d’avril. Cet habitant de Highlands a également affirmé ne pas connaître les frères Gurroby, Niresh et Ritesh, arrêtés dans le cadre de cette affaire. Ce Top Gun de la police a dit n’avoir aucune objection à ce que l’ADSU vérifie son  cellulaire.

Son épouse a pour sa part déclaré avoir l’habitude de louer sa voiture à des clients, tout en insistant sur le fait qu’elle se trouvait chez elle tous les soirs de la dernière semaine d’avril. Le chef inspecteur ayant confirmé ses dires, l’ADSU compte vérifier leur alibi. Le couple n’a toutefois pas encore été inquiété à ce stade.

Néanmoins, du côté des Casernes centrales, on s’intéresse de près au train de vie de ce haut gradé, les enquêteurs étant en présence d’informations selon lesquelles le policier serait en possession de plusieurs véhicules de marques de prestige, enregistrés sur des prête-noms. Problème : même en tant que haut gradé, son salaire ne lui permettrait pas d’acquérir de tels véhicules.

L’ADSU compte communiquer ces informations à l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), qui pourra alors enquêter sur le patrimoine financier de ce haut gradé.  La police a par ailleurs appris que trois véhicules seraient arrivés sur le terrain occupé par les Gurroby, rue Club Med, à Pointe-aux-Canonniers, soit la Fiat rouge du constable Garry Joumont, une voiture appartenant à Niresh Gurroby et, enfin, un troisième véhicule au nom de l’épouse du chef inspecteur.

La police soupçonne que les colis de drogue étaient repartis dans ces trois véhicules, de sorte que si l’un d’entre eux devait être intercepté, les deux autres suffiraient à « limiter la casse » en ramenant une certaine quantité de drogue dans la cache prévue à cet effet.
Par ailleurs, l’ADSU a déjà établi un calendrier de travail quant au déroulement de l’interrogatoire des frères Gurroby, Niresh et Ritesh, et du constable Garry Joumont. Ainsi, cette semaine, c’est Ritesh Gurroby qui devait être entendu « under camera ». Sauf qu’il s’agissait du jour où son avocat, Me Rama Valayden, a été interpellé par le Central CID dans le cadre d’une autre affaire. De fait, cet exercice a été renvoyé.

A noter que les enquêteurs ont également appris qu’il existerait d’autres cachettes liées à ce réseau de drogue. Raison pour laquelle la police a fouillé le domicile d’un restaurateur de Fond-du-Sac durant le week-end écoulé, même si la perquisition n’a finalement rien donné. Les Casernes centrales comptent interroger d’autres suspects dans les prochains jours.