Des plaintes ont été enregistrées ces dernières heures à l’encontre de certains policiers, dont l’attitude est décriée. Ainsi, à Camp-Levieux, un médecin du ministère de la Sécurité sociale, âgé de 60 ans, a dénoncé un membre de la CID de la localité pour avoir usé d’un ton agressif à son encontre. Il explique qu’il avait momentanément stationné sa voiture à l’angle des rues Ratsitatane et D’Argent pour « rencontrer un patient » de 76 ans. Cependant, pandémie oblige, le médecin a préféré ne pas entrer chez son patient, raison pour laquelle il s’est arrêté avec sa voiture juste devant sa porte.

Mais alors qu’il faisait la prescription du septuagénaire, dit-il, un 4×4 noir, venu de l’arrière, a essayé vainement de le doubler. Le médecin lui a alors fait signe qu’il allait bouger. Ce qui n’aura pas été du goût du chauffeur, qui est ensuite sorti de son véhicule pour reprocher au médecin de stationner à une intersection. « De minit, mo ekrir enn lordonans pou enn pasian andikape mo ale », aurait alors lancé le médecin. Après quoi son interlocuteur lui aurait lancé à haute voix : « Ou kone mwa kisanla ? Mo CID Camp Levieux. Ou konn lalwa plis ki mwa ou ? »

Le patient est alors intervenu pour calmer les esprits, de même qu’un autre policier. Mais l’officier de la CID semblait ne vouloir rien entendre, adoptant, selon le médecin, « une attitude violente ». Sans compter, dit-il, qu’il « ne portait pas de masque ». Le sexagénaire a bien sûr reconnu avoir « mal garé » son véhicule, mais il estime dans le même temps avoir été humilié par le policier de par sa façon d’agir. La police a cependant verbalisé le médecin pour « obstructing free passage ».

Autre cas, cette fois à Chemin-Grenier. Un entrepreneur de 54 ans a en effet dénoncé des policiers lundi, estimant que ceux-ci auraient été agressifs à son égard. Selon sa version, il se rendait au dispensaire en raison d’un violent mal de dents lorsqu’une équipe de police l’a interpellé près d’une station-service. Le quinquagénaire leur a alors expliqué pourquoi il avait quitté son domicile en période de confinement. Ce à quoi un policier lui aurait dit qu’il serait verbalisé pour « breach of temporary restriction on movement ».

Problème : le plaignant n’était pas d’accord, estimant en effet qu’il s’agissait dans son cas d’une urgence médicale. Une dispute a alors éclaté et, selon le plaignant, un constable l’aurait agrippé pour le forcer à monter dans le 4×4 et l’emmener au poste de police. Aussitôt, il aurait une nouvelle fois expliqué la raison de sa présence en chemin. Un haut gradé aura finalement accepté de le laisser partir sans le verbaliser. Ce qui n’aura pas empêché l’entrepreneur à loger une « complaint against police ».

Le dernier cas concerne une agricultrice de Trou-d’Eau-Douce (61 ans), qui dénonce l’attitude d’une trentaine de policiers de l’Adsu ayant débarqué chez elle lundi matin à bord de six véhicules. Selon la plaignante, bien que les policiers ne lui auraient montré ni mandat, ni « warrant card », ils auraient fouillé sa plantation à la recherche de cannabis. En vain. Sans compter, dit-elle, que ces mêmes policiers auraient exercé sur elle une pression afin qu’elle dise où elle avait « planté le cannabis ». Aussi, après avoir répété qu’elle n’était impliquée dans aucune activité illicite, et après trois heures de fouille, les policiers sont repartis bredouilles.