La Poste Centrale de Port-Louis

Luximon Badal, président de l’Union of Post Office Workers Branch, vient d’être démis de ses fonctions après 32 années de service comme postier. C’est à la suite de la mise sur pied d’un comité disciplinaire institué par Mauritius Post Ltd (MPL) qu’il a été démis de ses fonctions. La direction lui reproche de n’avoir pas accepté son transfert de Port-Louis à Bambous.

Son principal argument est comme suit : il détient une lettre du ministère du Travail à l’effet qu’en sa capacité de président du syndicat des postiers, il doit être basé à Port-Louis pour pouvoir faire son travail de postier et, en même temps, participer aux activités syndicales. Interrogé à cet effet, Luximon Badal, a souligné qu’il n’est « pas d’accord » avec cette façon de faire et que c’est pour cela qu’il a porté l’affaire devant le Comité de Conciliation et de Médiation au ministère du Travail. « Je n’étais pas présent lors de la tenue de ce comité disciplinaire, car j’étais souffrant. Je dispose d’un certificat médical pour étayer mes dires. Malgré mes explications, on m’a fait savoir qu’il y a des témoins qui ont justifié ma mise à pied », a déclaré le syndicaliste.

Même s’il ne fait plus partie de l’équipe de postiers de Mauritius Posts, dit-il, il demeure toutefois président du syndicat des postiers. « À ce titre, je tiens à dénoncer certaines pratiques qui fragilisent la santé financière de MP. Parmi, on compte l’achat des grosses cylindrées pour les hauts cadres, la réduction du nombre de personnes autrement capables, celle du nombre de bureaux de poste ou encore affranchir des courriers express comme des lettres ordinaires. De plus, les heures supplémentaires sont supprimées » , a déclaré le président du syndicat.

Luximon Badal considère que l’avenir est « sombre » pour les postiers. Il n’y a pas de révision salariale malgré le fait que les postiers ont à parcourir de plus longs trajets, avec la création de nouveaux morcellements. De plus, dit-il, de gros salaires sont accordés aux hauts cadres. Pour lui, la situation a commencé à se dégrader depuis 2015, date à laquelle une nouvelle équipe s’est installée à la tête de la direction, laissant ainsi très de peu de marge de manœuvre au Chief Executive Officer, Giandeo Moteea.

Réagissant à la mise à pied de Luximon Badal, Narendrananth Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Union, a soutenu qu’il faut à tout prix que le gouvernement procède à la restructuration de MPL, car « kelke kadr olie pe amenn kas dan lapos, pe tir kas avec MPL ». Si cette situation continue, MPL aura de « sérieuses difficultés financières ». Il s’insurge contre le fait qu’avec la réduction du nombre de bureaux de poste, certains employés autrement capables sont appelés à prendre la porte de sortie. Il rappelle que le gouvernement a déjà instauré un quota pour l’emploi des personnes handicapées dans les institutions publiques.