L’internaute Fardeen Okeeb (39 ans) demeure en détention préventive après son inculpation provisoire en justice lundi pour infraction à l’Information and Communication Technology Act (ICTA), et ce, dans le sillage d’une vidéo qu’il a postée sur un réseau social dimanche et dans laquelle il a tenu des propos à caractère communal. La plainte à son encontre a été portée dimanche soir par le député du PMSD Salim Abbas Mamode, assisté de Me Rouben Mooroongapillay. Le plaignant avance en effet être tombé sur ladite vidéo, qu’il qualifie de « blasphématoire », estimant en outre que l’internaute « cherche à déranger la paix sociale » pour « régler ses comptes personnels ». Le plaignant a remis un CD à la police de Plaine-Verte contenant une copie de la vidéo en question.

Fardeen Okeeb, qui habite la capitale depuis qu’il a été agressé dans sa maison à Petit-Raffray en janvier dernier, avait été amené au poste de police par des habitants de Plaine-Verte après que ces derniers aient pris connaissance de la vidéo en question. Le suspect, qui semblait sous l’influence de l’alcool, a ensuite été emmené aux Casernes centrales afin d’assurer sa sécurité. Quant au dossier, il a été transféré à la Cybercrime Unit du Central CID lundi.

Le suspect n’a pas encore donné sa version des faits, car n’ayant pu pour l’heure retenir les services d’un avocat. Il sera examiné par un médecin de la police sous peu. Les enquêteurs sont cependant sur la piste d’un deuxième suspect, car en présence d’une autre voix, masculine elle aussi, dans la vidéo, laquelle donnait certaines instructions à Fardeen Okeeb. À noter encore que ce dernier était déjà en liberté conditionnelle pour infraction à l’ICTA après avoir diffusé une première vidéo à caractère communal en janvier.

À la suite de cette première vidéo, des membres d’un groupe avaient débarqué chez Fardeen Okeeb, dans le nord, afin d’en découdre avec lui. Le principal intéressé avait par la suite porté plainte à la police, à la suite de quoi le CCID avait arrêté le récidiviste Vishal Shibchurn et ses complices présumés pour agression avec préméditation. Craignant cependant pour sa sécurité, l’internaute est alors parti vivre temporairement dans la capitale.

Concernant la première vidéo, Fardeen Okeeb avait dit avoir tenu des propos communaux car étant « sous l’influence de l’alcool ». Il avait cependant présenté ses excuses dans sa déposition. La police soupçonne par ailleurs que son passage à tabac aurait conduit au meurtre de Manan Fakoo. La Major Crime Investigation Team (MCIT) a en effet appris qu’une réunion privée s’était déroulée dans un centre de la capitale pour dénoncer les frasques de ce groupe, auquel aurait justement appartenu Manan Fakoo, réunion durant laquelle le lynchage de Fardeen Okeeb aurait été évoqué. Rappelons à ce propos que le suspect Yassin Meetou avait déclaré dans sa déposition que ses complices et lui voulaient « donner une correction à Manan Fakoo ». L’enquête sur cette deuxième vidéo est menée par l’équipe du chef inspecteur Dabysingh.