Le Central CID est passé à une étape supérieure lundi en réquisitionnant cinq véhicules du réseau de drogue qui aurait financé le déplacement d’un équipage vers l’île de La Réunion pour se procurer de la drogue (zamal). Ces véhicules appartenant à plusieurs suspects, soit une voiture BMW, une Toyota Rav 4, un 4×4 Mitsubishi Portero, une Nissan March et une camionnette Nissan, sont sous séquestre aux Casernes centrales. Ils sont évalués à plus de Rs 5 M. La police soupçonne que les engins auraient été utilisés pour transporter de la drogue dans le passé et qu’ils auraient été acquis avec de l’argent sale. Ainsi, le suspect Hugo George Harel, propriétaire du 4×4, a été aperçu à Grand-Gaube dans la nuit du 28 mai.

La police soupçonne que c’est le bateau de cet habitant de Fond-du-Sac (24 ans) qui devait initialement rallier l’île sœur, mais qu’à cause d’une panne, c’est une autre embarcation avec une fausse plaque d’immatriculation qui a été utilisée. Ce suspect a nié toujours son implication dans une activité illicite quelconque lors de son interrogatoire, mais il n’arrive pas à expliquer sa présence à Grand-Gaube lors du départ du skipper Michaël Piter Larhubarbe (40 ans), du mécanicien Alexandre Nicolas David (31 ans) et du maçon Melvyn Cassadin (19 ans). Le CCID soupçonne que Hugo George Harel serait celui qui disposait de contacts à l’île de La Réunion pour faciliter l’embarcation de cette cargaison de “zamal” qui devait entrer sur notre territoire au cas où l’équipage du plaisancier réussirait à quitter en douce Maurice pour l’île sœur dans la soirée du 28 mai.

Par ailleurs, le CCID a mis la main sur un certain Sébastien Jacob, dimanche. Ce dernier est soupçonné d’avoir fait un bout de chemin sur son bateau avec Michaël Larhubarbe et consorts avant de les laisser partir avant Cap-Malheureux. Sa voiture et son embarcation ont été réquisitionnées par le CCID pour enquête. Le CCID examine plusieurs caméras de Safe City dans diverses régions du nord de l’île afin de reconstituer le puzzle et ainsi mettre la main sur tous les membres de ce réseau.

Les enquêteurs estiment qu’ils seraient une douzaine et c’est une association qui est derrière le financement de ces entreprises pour récupérer la drogue. Ils disposent d’informations que certains suspects ont exposé jusqu’à Rs 250 000, converties en euros, pour acheter du “zamal” à l’île sœur. Outre les images de caméra, la police décortique aussi les différents appels passés entre les protagonistes une à deux semaines avant la sortie du bateau de plaisance du type Legend avec à la barre le skipper Michaël Larhubarbe. D’autres arrestations interviendront durant cette semaine.

Alors que le CCID est en passe de démanteler tout un réseau de drogue, depuis celui qui finance les transactions jusqu’au suspect qui a donné un coup de main pour embarquer le matériel sur le bateau, les yeux sont rivés sur l’Anti Drug and Smuggling Unit où certains n’hésitant pas à taquiner leurs collègues en se demandant : « Kan eski zot pou reysi demantel tou enn rezo ? »