Les enquêteurs de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sont en consultations permanentes avec leurs homologues du State Prosecutor for Serious Economic and International Crime de Danemark pour faire progresser l’enquête sur les dessous de la Saint-Louis Saga. Cette Joint Investigation, à travers l’accord signé entre le deux Enforcement Authorities fin d’année dernière, devrait voir des échanges de données sur les progrès réalisés du côté du Réduit Triangle sur la Saint-Louis Saga et la bombe à retardement de Rs 700 millions. L’on évoque ainsi durant ces derniers jours la possibilité que des enquêteurs danois fassent le déplacement à Maurice notammeent pour des séances d’interrogatoires des cadres du Central Electricity Board (CEB).

Les consultations entre l’ICAC et la Serious Economic and International Crime du Danemark (SEIC) sont passées en mode accéléré ces derniers jours, avec notamment les documents compromettants retrouvés chez les Danois de Burmeister and Wain Scandinavian Contractor (BWSC). Ayant ratifié un accord entre le Réduit Triangle et Copenhague sous l’égide de Eurojust, l’agence de l’Union européenne qui assure une “judicial co-operation in criminal matters among agencies of the member states”, permettant un renforcement de la Mutual Legal Assistance, l’ICAC et le SEIC procèdent actuellement à un exercice de “comparing of notes” sur les avancées de l’enquête sur Saint-Louis, la Banque africaine de développement suivant également les différentes étapes de dévelopement dans le dossier.
Cette possibilité découle de l’accord entre l’ICAC et signé entre les deux parties pour une “joint investigation”. De ce fait, les derniers recoupements d’informations dans les milieux informés du QG de la commission anti-corruption tendent à indiquer un déplacement des enquêteurs danois sur le sol mauricien en vue d’assister l’ICAC mais aussi pour compléter l’enquête initiée par les autorités danoises.

Ce serait d’ailleurs une première dans les annales de l’ICAC en termes de coopération avec des agences internationales. Ainsi, selon les informations recueillis de sources concordantes par Le-Mauricien, les enquêteurs danois s’intéresseraient eux aussi au mécanisme de corruption mis en place par le tandem BWSC-Pad & Co pour bénéficier des traitements de faveur vis-à-vis des “stakeholders” mauriciens, dont le Central Electricity Board, le Central Procurement Board ou encore les lobbyistes politiques qui pourraient avoir tiré les ficelles derrière l’allocation du St Louis Redevelopment Project pour Rs 4,3 milliards en 2015. Les enquêteurs danois pourront également assister l’ICAC dans le recueil des versions des protagonistes clés de l’affaire, surtout ceux ayant eu des liens directs avec BWSC au cours de la préparation du “tender” et de son allocation.

Par ailleurs, l’ICAC a une nouvelle fois interrogé le Principal Engineer du CEB Manoj Kumar Jahajeeah mercredi. Les enquêteurs veulent tirer au clair le volet relatif à la fuite de documents de ce projet, dont le Bids Evaluation Report de 2014. Le principal concerné fait partie des personnes ayant travaillé sur l’exercice d’appel d’offres et nie toute fuite de sa part pour favoriser la firme danoise BWSC au détriment des autres soumissionnaires.
Hier matin, l’ancien ministre de l’Énergie Swalay Kasenally était attendu au QG de l’ICAC pour la suite de son interrogatoire sur sa relation avec BWSC, aussi bien qu’avec l’ancien Acting General Manager du CEB Shamshir Mukoon.