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Jini Brigida Prosper fait face à une accusation provisoire de « drug dealing with aggravating circumstances » devant le tribunal de Bambous. Elle est accusée d’avoir tenté de se procurer 7 kilos d’héroïne, valant Rs 105 millions, le 22 octobre 2017, dans un hôtel au Morne. La prévenue avait obtenu la liberté conditionnelle le 4 décembre 2020, après que la magistrate du tribunal de Bambous en a fait l’ordre, du fait que la charge formelle n’a pas encore été logée après six mois. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) devait toutefois contester ce ‘ruling’, qui a finalement été renversé par les juges de la Cour suprême, Benjamin Marie Joseph et Renuka Dabee.

Jini Brigida Prosper devra retourner en détention, bien qu’ayant retrouvé la liberté depuis décembre 2020. Les juges se sont alignés sur la plaidoirie du DPP, qui contestait cette remise en liberté sur un point de droit. En effet, le DPP déplorait l’ultimatum imposé par la magistrate de la cour de première instance pour loger la charge formelle « sans  laisser l’opportunité à la poursuite de justifier les raisons pour lesquelles la détention continue n’est pas déraisonnable ».

Jini Brigida Prosper avait passé trois ans en détention préventive lorsque le 4 décembre 2020, le tribunal de Bambous ordonne sa libération immédiate, du fait que la poursuite n’a pas respecté le délai de six mois accordé pour loger le Main Case. Cela pour faire suite au ‘ruling’ rendu le 4 juin 2020 qui mettait en exergue les conditions attachées à la remise en liberté si le délai n’est pas respecté. Le DPP devait alors loger une motion en Cour suprême, réclamant le rejet du ‘ruling’ permettant la remise en liberté de l’accusée. Le représentant du DPP devait alors dans sa plaidoirie, remettre en question la décision d’imposer un ultimatum à la poursuite pour loger la charge formelle mais aussi de l’ordre du 4 décembre dernier de relâcher immédiatement la prévenue sans aucune possibilité de justification octroyée à la poursuite. Et de rappeler l’article 3 de la Bail Act qui donne la tâche à la poursuite d’expliquer les raisons pour lesquelles un prévenu demeure toujours en détention.

Le double bench de la Cour suprême devait trouver que cette tâche pour la poursuite, selon la loi, n’a pas été préconisée par le tribunal de première instance ; aussi, que la magistrate avait, elle-même, fait mention de deux personnes impliquées dans cette affaire de drogue qui avait dénoncé Brigida Prosper comme le récipiendaire de la drogue, en plus d’une déclaration du Prosecutor du fait qu’un coaccusé fait déjà face à un procès aux Assises.

De ce fait, les juges ont trouvé que la poursuite n’a pas eu l’opportunité de justifier la détention continue alors qu’elle avait fait part de l’évolution de l’enquête avec une accusation formelle déjà logée contre un complice.

Trouvant ainsi l’ultimatum de la magistrate inappropriée, les juges ont renversé son jugement et ont ordonné que Jina Brigida Prosper retourne en détention.

La prévenue avait été arrêtée en 2017 à la suite d’un exercice de « controlled delivery » mis sur pied par l’ADSU au cours duquel deux autres personnes ont été interpellées ; Jean Patrice Tomas Begué et Marie Linda Mannick. Ces derniers avaient tenté de prendre possession de cette drogue importée par deux Kazakhs, Ravil Khamikov, un chauffeur de 33 ans, et Olga Istyufeyeva, une femme de 31 ans, le 20 octobre 2017. La drogue était dissimulée dans leur valise. Les deux étrangers avaient aussi été appréhendés dans cette affaire.