La juge Mohana Naidoo a rejeté la demande de remise en liberté sous caution du tatoueur Frank Aubert. Ce dernier avait été arrêté par des enquêteurs de la brigade antidrogue le 18 janvier 2019, alors qu’il tentait de prendre possession d’un colis de 248,7 g d’une Malgache dans une maison d’hôte. La juge a trouvé que sa détention était « justifiée », et ce « en raison des risques probants qu’il fuie le pays s’il est relâché ».

Frank Aubert est poursuivi devant les Assises pour trafic de drogue, soit pour avoir tenté de prendre possession de 248,7 g d’héroïne à des fins de distribution. Alors qu’une accusation formelle a déjà été logée contre lui, le tatoueur a demandé à recouvrer la liberté contre caution. La police devait toutefois y objecter, avançant notamment les risques qu’il fuie le pays ou encore de commettre un nouveau délit lié à la drogue s’il est relâché. Le sergent de police Penselgadoo, venu soutenir les objections en cour, devait faire un rappel des faits.

Tout avait commencé lorsqu’une ressortissante malgache a été arrêtée juste après avoir foulé le sol mauricien, le 18 janvier 2019. La drogue avait été trouvée dissimulée à l’intérieur d’une radio portable. La police devait par la suite effectuer un exercice de livraison surveillée à la maison d’hôtes, où la ressortissante malgache résidait. C’est là-bas qu’ils ont pu arrêter le tatoueur qui tentait de prendre possession de la drogue. Frank Aubert, voyant la police, avait tenté de prendre la fuite, mais a vite été intercepté alors qu’il tentait de regagner son véhicule. La valeur marchande de la drogue est de Rs 3,8 M.
Pour appuyer ses objections, le sergent Penselgadoo devait soutenir que le tatoueur voyage fréquemment et a beaucoup de connaissances à l’étranger. L’inspecteur dit aussi avoir obtenu des informations selon lesquelles le présumé trafiquant de drogue tenterait de fuir par voie maritime s’il est relâché. Et d’avancer d’autant plus que l’enquête a révélé que « le tatoueur fait partie d’un réseau de trafic de drogue organisé et que son rôle est de prendre possession des colis avec les mules ».

Le suspect avait obtenu la liberté conditionnelle en mai dernier, mais, après une révision de cette décision réclamée par le directeur des poursuites publiques, le jugement a été renversé. L’inspecteur devait toutefois concéder qu’à « aucun moment », même lorsqu’il devait rester à son domicile après qu’une accusation a été retenue contre lui, « je n’ai tenté de fuir le pays ». Dans son analyse des faits, la juge Mohana Naidoo devait trouver que les appréhensions de la police étaient « justes » et que le fait d’accorder la liberté conditionnelle à Frank Aubert comportait « trop de risques ».

La juge de conclure : « There is therefore reasonable justification in the fear expressed by the police based on information that the applicant is likely to abscond and leave the Mauritian territory by sea if released on bail. » Frank Aubert est défendu par Me Sanjeev Teeluckdharry alors que la poursuite est représentée par Me Rehnu Gowry-Bhurrut.