La centrale thermique de St-Louis

La Banque africaine de développement (BAD) ne compte pas coopérer avec l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) dans le cadre de l’enquête initiée pour faire la lumière sur la bombe à retardement de Rs 700 millions du Saint-Louis Gate. La commission anti-corruption aurait, selon les informations obtenues de sources concordantes, informé de ce refus de soumettre les rapports de ses enquêtes.

L’ICAC aurait accusé une fin de non-recevoir de la BAD qui évoquerait des clauses confidentielles entourant les conclusions des deux enquêtes dont elle serait en présence au sujet des maldonnes et de fraudes découlant de l’allocation du contrat de 67 MW St-Louis Redevelopment Project au coût de Rs 4,3 milliards. La BAD aurait indiqué à l’ICAC qu’elle ne pouvait communiquer les rapports en question étant donné que c’est Burmeister and Wain qui avait enclenché cette enquête sur ces mauvaises pratiques proprio motu et que dans les conclusions du rapport, il manquerait les versions des “third parties” impliquées dans cette affaire de “sanctionable practices”. La BAD aurait ainsi fait comprendre aux hommes de Navin Beekarry de se tourner directement vers la compagnie BWSC pour les compléments d’enquête.

Dans la foulée, on affirme que les contacts étatiques, voire diplomatiques pour l’obtention de ce rapport, ont eux aussi été vains, notamment avec l’indisponibilité du président de la BAD, le Nigérian Akinwumi Adesina, pris aussi dans une tourmente d’allégations depuis le début du mois. L’institution panafricaine de développement basée à Abidjan a finalement cédé aux demandes des États-Unis, qui n’étaient pas satisfaits de l’enquête interne qui avait totalement exonéré Adesina des accusations graves portées par un groupe de « dénonciateurs », soit « comportement contraire à l’éthique, personnel enrichissement et favoritisme ». Le conseil d’administration des gouverneurs de la BAD a accepté d’autoriser un examen indépendant des « allégations des dénonciateurs » contre Akinwumi Adesina.

De ce fait, l’ICAC devrait selon nos informations n’aurait d’autre choix que de se tourner vers la compagnie BWSC pour une coopération dans le cadre de cette enquête. Faute de quoi, il va falloir déployer d’autres moyens comme une Mutual Legal Assistance à travers “The Central Authority” qui est l’Attorney General, Maneesh Gobin.

Ce refus de la BAD de coopérer avec l’ICAC, en dépit de la déclaration du Premier ministre, Pravind Jugnauth, à l’effet que la BAD contemplerait une collaboration dans le cadre d’un Referral formel venant d’Investigating Bodies, est diversement commenté dans les milieux de l’opposition en affirmant que « l’ICAC se voit administrer une claque magistrale sur le plan international ».

Affaire à suivre…