Une employée de PAD & Co, confrontée à des courriels contenant des informations sur les spécifications du projet St-Louis qu’elle aurait envoyés à BWSC

Au QG de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), l’on affirme depuis le début de cette semaine que « the ball has been set rolling » en ce qui concerne la nouvelle étape de la St-Louis Gate avec la bombe à retardement de Rs 700 millions sur le contrat de Rs 4,3 milliards à Burmeister & Wain Scandinavian Contractor – qui a pour partenaire local Pad & Co Ltd, la compagnie d’Alain Hao Thyn Voon. Les enquêteurs de la Commission anti-corruption, s’appuyant sur le dossier ramené du Danemark l’année dernière, procèdent depuis hier à un dernier round d’interrogatoire des officiers et techniciens du Central Electricity Board (CEB) impliqués dans le processus d’allocation de ce contrat de St-Louis Redevelopment Project financé par la Banque africaine de développement avant la convocation des ténors de cette affaire dont le patron de PAD & Co aussi bien que les politiciens connectés à cette affaire. De sources concordantes du côté du Réduit Triangle, l’on espère tirer au clair qui au CEB aurait fourni les détails des spécifications de ce contrat à Pad & Co, et par extension à BWSC.

Hier, deux responsables du CEB, notamment l’ex-Acting General Manager, Shamshir Mukoon et le Head of Supply, Sunil Chowdharry, ont été de nouveau entendus Under Warning sur les fuites d’informations confirmées du côté de l’organisme public. Ils auraient nié toute implication quant à ce partage de données confidentielles qui auraient permis à BWSC d’avoir une longueur d’avance sur les autres bidders dans le cadre des deux exercices d’appels d’offres, soit le premier avant les élections de décembre 2014 chiffré à Rs 3,6 milliards et le deuxième en 2015 à Rs 4,3 milliards. L’ICAC est en présence des documents et des preuves obtenus au Danemark dans le cadre de la Mutual Legal Assistance (MLA).

L’ancien directeur par intérim aurait insisté hier auprès de l’ICAC que c’est lui, de par ses capacités officielles au CEB, qui a encouragé que, le « scope » de ce tender soit plus ouvert pour que d’autres bidders puissent concourir avec la firme danoise BWSC. « C’est moi qui ai résisté à la démarche de contestation de BWSC quand le Central Procurement Board (CPB) a annulé le premier exercice d’appel d’offres, les Danois étant le seul non-responsive bidder », aurait laissé entendre Shamshir Mukoon aux enquêteurs de l’ICAC.
Il a soutenu que c’est bien lui qui a fourni les explications à l’appel de la contestation de BWSC auprès de l’Independent Review Panel, soit avant que le deuxième appel d’offres de ce contrat soit lancé. À ce rythme, l’ICAC aurait indiqué aux deux cadres du CEB, Mukoon et Chowdharry, qu’elle a des « reasonable suspicions » à l’effet qu’ils seraient impliqués dans ce partage d’informations confidentielles à BWSC contre « gratification ».

L’ICAC a, à ce stade, demandé aux deux protagonistes du CEB de rester disponibles pour d’autres interrogatoires durant les jours à venir. L’on prévoit également de rappeler d’ici la fin de la semaine d’autres éléments du CEB au QG de l’ICAC, avec le nom du Project Planner Rakesh Dhununjoy cité.

Aussi hier, l’ICAC a confronté une employée de la compagnie Pad & Co à des emails envoyés à la firme danoise. Ces courriels électroniques avaient été effacés du réseau informatique de la compagnie d’Alain Hao Thyn Voon. D’ailleurs, une descente de l’ICAC l’année dernière dans les locaux de la compagnie n’avait rien accouché étant donné que Cleaning Up avait été effectué. Mais grâce à la collaboration danoise, une bonne partie, jugée « damning » a été récupérée par l’ICAC avec notamment la confirmation que Pad & Co avait envoyé des « tender specifications » aux Danois, démontrant qu’il y a bien eu un Insider Dealing dans l’affaire St-Louis entre 2014 et 2015.

L’ICAC compte boucler ce round impliquant le CEB avant de passer aux ténors de cette affaire, soit la poursuite des interrogatoires d’Alain Hao Thyn Voon et de Bertrand Lagesse d’AMB Consulting avant d’ouvrir le volet politique avec la convocation d’Ivan Collendavelloo et de Paul Bérenger, dont les noms ont été cités dans un document de la Banque Africaine de Développement.