• Des documents confidentiels du Central Procurement Board du projet St-Louis ont atterri sur la table de la firme danoise BWSC
  • L’ex-Acting GM du CEB, Shamshir Mukoon, à l’ICAC hier après-midi pour un énième round de questions-réponses Under Warning

L’Independent Commission Against Corruption est en possession de « preuves irréfutables » quant à la présence d’une taupe au sein du Central Procurement Board au bénéfice de la firme danoise de Burmeister & Wain Scandinavian Contractor. Des informations classées confidentielles émanant du Central Procurement Board (CPB) au sujet de l’allocation du contrat St-Louis Redevelopment Project ont fait l’objet de fuites. Ces documents auraient, selon des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien de sources concordantes, été transmis aux limiers de l’ICAC à la suite de la mission au Danemark et confirment la connivence institutionnelle derrière les allégations de corruption entourant ce contrat octroyé par le Central Electricity Board (CEB) par l’entremise du CPB au coût de Rs 4,3 milliards en 2015.

Les enquêteurs de l’ICAC prennent en compte depuis quelque temps le réseau informatique du CPB et prévoient des interrogatoires serrés en vue de retracer celui qui a agi comme taupe pour le compte de BWSC-Pad & Co. Ce matin encore, l’ICAC était aussi sur le point d’entamer une nouvelle phase de Political Probe en ouvrant le chapitre concernant les « members of the mauritian administration ».

Le Commission anti-corruption est en présence de connivence « confirmée » émanant du réseau informatique du CPB, soutenant la thèse qu’il y aurait eu des “leaks” de documents confidentiels au profit du tandem Burmeister & Wain Scandinavian Contrator-Pad & Co dans le cadre de l’allocation du contrat du CEB pour le St-Louis Redevelopment Project. Si les éléments de Navin Beekarry, menés par le directeur des enquêtes, Titrudeo Dawoodharry, avaient initialement débuté les interrogatoires des officiers du CPB, l’on devrait désormais passer à une étape supérieure à ce niveau après la confirmation que des documents confidentiels ont quitté cette institution publique pour atterrir entre les mains des Danois de BWSC.

D’ailleurs, les vérifications de l’ICAC au CPB ont permis de mettre en relief plusieurs lacunes dans la manière dont l’institution assure la confidentialité des dossiers dans lesquels elle est appelée à trancher. L’on aurait noté au cours de ces vérifications de la Commission anti-corruption que des ordinateurs utilisés par le CPB ne disposent d’aucun paramètre de sécurité, rendant plusieurs de ses officiers des suspects potentiels pour la fuite de ces documents confidentiels entourant le projet de Rs 4,3 milliards.

On laisse entendre à l’ICAC que des documents avaient été transmis à la firme danoise Burmeister and Wain Scandinavian Contractor (BWSC), en plein exercice d’appels d’offres. Ce qui aurait favorisé cette firme auprès des autres soumissionnaires en lui accordant une longueur d’avance. L’on aurait ainsi découvert qu’aucune précaution additionnelle n’a été prise au sein du CPB pour s’assurer que ses affaires ne soient pas circulées en dehors de l’institution. Le CPB disposerait de plusieurs ordinateurs qui sont utilisés par plusieurs employés et ces derniers seraient visés par l’ICAC dans les prochains jours en vue d’identifier qui serait l’utilisateur de l’ordinateur sur lequel se trouvaient ces documents du projet St-Louis.

Les enquêteurs de l’ICAC considèrent « très grave » ce manque de paramètres de sécurité renforcée dans une institution de cette envergure. L’on déplore ainsi qu’il n’y a aucun verrouillage des appareils informatiques du CPB ou encore aucun logiciel dédié pour conserver le fil des manœuvres effectuées. Aussi, les ordinateurs seraient tous connectés à une seule imprimante, facilitant l’impression de documents confidentiels.

À la lumière des derniers interrogatoires de l’ex-Acting General Manager du CEB, Shamshir Mukoon, qui devrait être à l’ICAC cet après-midi pour un énième round de questions-réponses Under Warning, les enquêteurs de l’ICAC seraient en passe d’activer une nouvelle phase de l’enquête, soit celle concernant les noms de “members of the mauritian administration”, qui avaient été révélés par la Banque africaine de développement dans son rapport de juin 2020.

Cette étape devrait voir, dans pas longtemps, l’ICAC appeler les « ténors » ayant eu des frottements de loin ou de près avec les protagonistes clés de l’affaire St-Louis, notamment Alain Hao Thyn Voon de Pad & Co et aussi le consultant Bertrand Lagesse d’AMB Consulting & Engineering. Ces derniers pourraient être interrogés à nouveau au sujet de leurs réseaux de contacts, notamment des nominés politiques ou encore des politiciens. Dans les milieux informés de l’ICAC, l’on affirme que l’on serait sur le point d’activer cette étape de manière “kare-kare” incessamment.

Affaire à suivre…