Le Directeur des poursuites publiques, Me Satyajit Boolell, SC, a voulu attirer l’attention sur la situation alarmante causée en raison de la prolifération du trafic de drogue et le transit d’argent sale par milliards vers Maurice. Les critiques fusant de la part du Groupe d’action financière (GAFI) et de l’Union européenne, le DPP se pose aussi des questions sur le rôle de certains opérateurs économiques, se demandant s’il n’y a pas un « silence coupable » de leur part.

Commentant, dans le dernier bulletin du bureau du DPP, sur les saisies de drogue faites récemment et les « chiffres effrayants » quant à leur valeur, Me Satyajit Boolell a affirmé : « De quelle manière est-ce qu’un trafiquant de drogue arrive à importer de la drogue et faire le paiement ? Cela se fait-il à travers le système financier ? Est-ce qu’ils tirent avantage du secret bancaire ? Est-ce qu’il y a un manque de vigilance du secteur financier ? » Le DPP de faire part ainsi des raisons pour lesquelles la GAFI et l’Union européenne, « chiens de garde internationaux pour le secteur financier », se posent des questions sur « le silence coupable » de certains opérateurs économiques.

Le DPP d’avancer que les trafiquants « usent de subterfuge en faisant croire à une activité légale en important des marchandises, mais en plantant de la drogue dans chacune d’elles ». Il ajoute : « Koumsa mem zot fer peman ek fer vintenn voyaz pey an tibout. » De faire aussi étalage des informations relayées par la presse internationale sur le transit par Maurice de Rs 700 M d’argent sale, du scandale “wirecard” en Allemagne ou encore celle de Rs 1,8 milliard, impliquant une bijouterie en Inde, où il a été avancé qu’il y a eu transit par Maurice d’une partie de l’argent.

Le DPP a ainsi parlé des moyens utilisés « qui donnent une mauvaise réputation à Maurice ». C’est la raison aussi, selon lui, que le secteur financier à Maurice se retrouve « sous surveillance accrue » de la GAFI et « met le pays dans une situation difficile ». Il demande ainsi à tous les opérateurs économiques, enquêteurs et régulateurs de « ser koud ansam e travay ansam dan latransparans ». Et d’ajouter : « Kan ena frod, zot bizin konsant zefor pou konbat kriminalite. »