Cette arrestation intervient après que la police est tombée sur huit Malgaches dans un « pensionnat » de Port-Louis

La Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord a appréhendé un ressortissant bangladais de 27 ans hier pour complicité dans une affaire de trafic humain. Ce dernier se cachait dans un « pensionnat », rue Duronguay, à Port-Louis, où la police est tombée en fin de semaine dernière sur des Malgaches, qui s’adonnaient à la prostitution. Le Bangladais ainsi que le propriétaire du lieu (38 ans) tenaient d’une main de fer cette activité illégale où les Malgaches étaient obligées de se soumettre à leur ordre au risque de se retrouver sans argent. D’ailleurs, le séjour de certains d’entre elles était déjà arrivé à terme. Elles ont aussi déclaré qu’elles n’étaient pas libres de leurs mouvements et devaient informer le Bangladais ou le propriétaire.

C’est en se basant sur certains renseignements que la police a sollicité un “urgent warrant”, soupçonnant qu’un trafic de drogue se déroulait dans cette “guesthouse”. Une fois sur place, les policiers ont vu le propriétaire devant la porte. Ce dernier n’a pas objecté à cette fouille qui s’est déroulée dans 18 chambres où aucune drogue n’a été trouvée. Mais dans une chambre, la police est tombée sur huit Malgaches.

Interrogées sur leur présence et invitées à montrer leur passeport, elles ont déclaré ne pas être en possession d’un permis de travail. Dans un premier temps, l’une d’elles a prétendu qu’elle attendait un ami. Finalement, l’une des Malgaches, âgée de 39 ans, a avoué qu’elle se prostitue dans ce lieu depuis février. Et d’ajouter qu’elles sont payées Rs 1 000 par journée. « C’est à la réception qu’on récupère notre argent », a-t-elle dit. Elles avancent que c’est le Bangladais qui leur remet l’argent. L’une d’elle a aussi déclaré que comme elle ne peut rentrer à Madagascar à cause de la fermeture des frontières, elle est obligée de se soumettre aux ordres des suspects pour avoir un peu d’argent.

La police a inspecté le “log sheet” de la “guest house” qui ne mentionne aucun nom des Malgaches. Il a été verbalisé pour “failing to keep record up to date”. Puis, le trentenaire a été informé de son arrestation pour trafic humain et les policiers ont saisi son portable.

Le Bangladais a, lui, été arrêté lundi et la police a aussi pris possession d’un appareil DVR qui a été envoyé à l’Information and Technology Unit de la police. Le Bangladais est attendu au tribunal de Port-Louis ce mardi pour son inculpation provisoire pour trafic humain.

La police a aussi saisi une somme d’argent dans la pension. Le propriétaire a avancé qu’il s’agit des recettes de son commerce. Les enquêteurs soupçonnent qu’il s’agit plutôt de l’argent remis par des clients qui viennent se prostituer. Les Malgaches seront déportées aussitôt qu’un vol pour la Grande île est disponible. L’enquête se déroule sous la supervision du surintendant Gukhool, assisté de l’inspecteur Seelochun.